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Neal A. Maxwell Institute Of Religious Scholarship

L'autorité dans le livre de Mosiah
Daniel C. Peterson
Provo, Utah: Maxwell InstituteThe views expressed in this article are the views of the author and do not necessarily represent the position of the Maxwell Institute, Brigham Young University, or The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints.
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L'autorité dans le livre de Mosiah

Daniel C. Peterson

Il a été correctement observé que le Livre de Mormon est probablement le premier texte scripturaire Mormon publié à mentionner la structure et la nature de la prêtrise. La compréhension de ce que le Livre de Mormon a à dire au sujet de la prêtrise est, par conséquent, d'une certaine importance. Le but de cette étude est d'examiner une portion du texte du Livre de Mormon, le livre de Mosiah, comme une étape initiale pour déterminer la doctrine générale de la prêtrise dans le livre entier. Cette tentative sera faite en comptant chaque verset dans le livre de Mosiah qui traite, soit directement ou soit indirectement, des questions de la prêtrise et de l'autorité.

Le livre de Mosiah est un bon endroit pour commencer, parce qu'il y a de bonnes raisons de croire que c'était la première portion du Livre de Mormon à être traduite en anglais. C'est pourquoi c'est l'un des textes scripturaires les plus anciens de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours à parler de la prêtrise, le livre de Mosiah étant la première partie du Livre de Mormon à le faire. C'est donc un important ouvrage quant à la connaissance des Saints des derniers jours au sujet de la prêtrise. De plus, et je reviendrai plus tard sur ce sujet, le livre de Mosiah a été fourni comme support en ce qui concerne des positions de la prêtrise qui, je pense, sont profondément erronées. C'est pourquoi, ce sujet mérite une examination plus approfondie.

Contexte: La prêtrise dans les petites plaques
Une des choses les plus frappantes à propos de la prêtrise dans le Livre de Mormon est le peu de choses que les petites plaques de Néphi (i.e., de 1 Néphi jusqu'à Omni) ont à dire sur ce sujet, mais aussi à quel point ce soudain manque de désintéressement disparait quand, avec le Livre de Mosiah, nous entrons dans l'abbréviation de Mormon des grandes plaques de Néphi. Le terme "prêtre", par exemple, conformément à la Concordance de Reynolds, apparait 125 fois dans le Livre de Mormon, soit par lui-même ou soit dans des mots composés comme "prêtrise" et "intrigue de prêtre". Cependant, seulement huit de ces mots sont trouvés dans les parties du Livre de Mormon précédant le Livre de Mosiah. Ceci pour dire que seulement 6.4% des références faites à "prêtre" ou "prêtrise" se trouvent dans la portion du Livre de Mormon qui constitue approximativement 27% du volume total du livre--moins que le quart de ces références auxquelles on se serait attendu d'une manière raisonnable. Cette situation est même plus frappante quand on réalise que l'une des huit références se trouve dans la citation de Néphi venant d'Esaïe dans 2 Néphi 18:2. (Si ce passage est ignoré, notre pourcentage tombe à 5.6%).?Comment les "prêtres" et la "prêtrise" étaient vus dans les petites plaques de Néphi? Notre échantillon est peut-être trop petit pour permettre des jugements définitifs, mais il apparait que l'attitude des auteurs des petites plaques vis-à-vis des prêtres et de la prêtrise ne soit pas totalement positive. (A cet égard, les prophètes néphites partageraient leurs sentiments à propos du Léhi contemporain, Jérémie. Voie Jérémie 1:18; 2:8,26; 4:9; 5:30-31; 6:13; 13:13; 23:11, 33-34; 32:32; Lamentations 2:6; 4:13. D'autres prophètes, comme dans Esaïe 24:1-6, 26:7, et Néhémie 9:33-34, pour ne choisir que quelques exemples parmi beaucoup d'autres, ont fait des commentaires dénigrants. On n'a qu'à penser à Hophni et Phinéas, dans 1 Samuel 2-4, ou à la parabole du bon Samaritain raconté dans Luc 10, pour réaliser combien est répandu la notion du méchant prêtre dans les écritures.) Dans 2 Néphi 10:5, par exemple, Jacob prédit que les intrigues de prêtres et les iniquités de Jérusalem mèneront à la crucifixion du Sauveur. Dans 2 Néphi 26:29, Néphi définit "les intrigues de prêtre" and représente le Seigneur les condamnant. Dans 2 Néphi 28:4, Néphi dit que les derniers jours seront charactérisés par les contentions entre les prêtres qui enseigneront leurs propres doctrines et renieront le Saint Esprit qui donne le pouvoir de s'exprimer.

Cette apparente attitude négative pourrait peut-être refléter l'expérience désagréable que Léhi et sa famille semble avoir eue avec les autorités politiques et ecclésiastiques à Jérusalem. Ces expériences auraient certainement été un sujet fréquent de conversation et d'enseignement parmi les enfants croyants de Léhi. Il est probable que, puisque Jacob n'avait vu Jérusalem qu'en vision (1 Néphi 18:7; 2 Néphi 6:8-10) et puisque Néphi prophétisait (2 Néphi 25:7 ; 26:14 ; 28:1,3), l'attitude négative était en fait celle du Seigneur reflétant son évaluation de la corruption qui était parmi son peuple dans l'ancien monde. Néanmoins, quelque fusse l'attitude des premiers néphites vis-à-vis des abus potentiels de l'autorité de la prêtrise, il est clair que les premiers rapports contiennent peu de remarques positives--en fait, peu de remarques de quelque sorte que ce soit-- sur les prêtres et la prêtrise.

Il est également clair, cependant, qu'ils n'ont pas rejeté l'idée de la prêtrise en tant que telle. Néphi lui-même, par exemple, a ordonné ses frères Jacob et Joseph selon le Saint ordre de Dieu (2 Néphi 6:2; cf. 2 Néphi 5:25; Jacob 1:18; et aussi Alma 13:1, 2, 6, 8, et D&A 107:2-4). Après que deux siècles se soient passés--si non bien avant--un système entier de prophètes, et de prêtres et d'instructeurs existaient parmi les néphites (Jarom 1:11).

En ordonnant des prêtres, Néphi avait comme fonction d'être une sorte de roi parmi son peuple--ce qui était, bien sûr, précisément comment le peuple le voyait (voir 2 Néphi 5:18-19 ; 6:2). L'ordination est aussi surtout une prérogative royale dans le Livre de Mosiah, même si, comme nous le verrons, un changement dramatique sur ce point est documenté vers la fin du livre. Ce point doit être clairement compris. Je ne veux pas dire que les rois néphites, de quelque manière que ce soit, avait le droit d'ordonner simplement parce qu'ils détenaient les lois politiques. Au lieu de cela, je souhaiterais suggérer que la royauté, parmi les néphites, était un appel de la prêtrise. Une étude de cette évidence du Livre de Mosiah, et aussi d'autres passages dans le Livre de Mormon, devrait servir pour faire de cette suggestion une plausibilité, sinon une preuve. En fait, au moins plusieurs des rois néphites--Néphi (un quasi roi; voir 2 Néphi 6:2), Mosiah I (voir Omni 1:12-22), Benjamin, et Mosiah II-- étaient en fait des prophètes importants. Le roi Benjamin désigna des prêtres à Zarahemla (Mosiah 6:3). Dans le deuxième royaume néphite qui ne dura que peu de temps dans le pays de Néphi, Zéniff a exercé son droit de gouverneur et a ordonné des prêtres. Il sera rappelé, bien sûr, qu'ils étaient alors révoqués par son fils et successeur, Noé. A leur place, Noé a ordonné ses propres prêtres qui soutiendraient plus son style de vie et qui seraient plus maléables dans ses mains (Mosiah 11:5). Plus tard, quand les prêtres de Noé s'enfuyaient, il est important de noter que le roi des lamanites, aussi, les a nommés instructeurs parmi son peuple (Mosiah 24:4-5). Nous devons, bien sûr, garder à l'esprit qu'Amulon et ses associés n'ont pas l'air d'exercer leurs fonctions de prêtre chez les lamanites. Il semblerait qu'ils n'aient jamais vraiment eu beaucoup d'intérêt dans de telles choses et donc leur enseignement parmi les lamanites--language néphite, le fait de garder les annales, et les programmes pour illettrés--était complètement séculaire. Mais le point de vue charactéristiquement séculaire des Amulonites concernant leur propre office ne devrait pas nous aveugler de ses origines sacerdotales, pas plus que l'abus de Noé vis-à-vis de son rang ne devrait nous aveugler de son évidente nature de prêtre.

Cette notion de royauté pour les prêtres est peut-être un peu déconcertante pour les lecteurs modernes vivant dans une société où l'église et l'état sont gardés en principe séparés. Cependant, les néphites n'étaient pas modernes, et nous ne devrions pas être surpris de les voir insensibles à d'autres modes modernes. La royauté dans le Livre de Mormon est une affaire très religieuse, aussi bien qu'elle l'eut été (ou qu'elle eut l'intention de l'être) parmi les Israélites de l'ancien monde. Suivant son célèbre discours, par exemple, Benjamin consacre son fils Mosiah comme son successeur (Mosiah 6:3), de la même manière qu'il fut consacré par son propre père (Mosiah 2:11). Le même verbe, bien sûr, est utilisé pour l'ordination des prêtres dans le Livre de Mormon (dans 2 Néphi 5:26, 6:2; Jacob 1:18; Mosiah 11:5, 23:17; Alma 4:4, 4:7, 5:3, 15:13, 23:4). Dans American Dictionary of the English Language de Noah Webster de 1828, une merveilleuse ressource pour comprendre le language que Joseph Smith a utilisé pour traduire les annales néphites, le mot "consécration" est l'acte ou la cérémonie de séparation du commun à l'utilisation sacrée, ou de dévotion et dédication d'une personne ou chose au service et culte de Dieu, par certains rites ou solennités. Comme exemple, Webster cite "la consécration des prêtres parmi les Israélites et la consécration de l'évêque. Et, en fait, Mosiah, fils de Benjamin, n'était pas simplement un gouverneur séculaire, mais aussi un voyant, ce qui est un titre, selon les informations du Livre de Mormon, plus exalté même que celui de prophète (Mosiah 8:13-18; 21:28; 28:16). La voyance était connectée avec la possession de certains objets, connus en tant qu'interprètes (Mosiah 8:13). Donc la royauté néphite semble également avoir été connectée avec, et même symbolisée par, la possession de certains objets matériels. C'est pourquoi, Néphi a pris les plaques d'airain avec lui quand il a abandonné le pays de Néphi, peut-être en partie en tant que symbole de sa légitimité. Le fait que les Lamanites ont partagé la perception de Néphi de l'importance des plaques est montré dans leur revendication tant répétée, qu'en les prenant, il les leur a dérobées, puisqu'ils ont dit qu'il "leur avait ravi des mains le gouvernement du peuple" (voir Mosiah 10: 15-16; cf. 2 Néphi 5:3, Alma 20:10,13). Quand Benjamin a transféré le royaume à son fils Mosiah, il lui a aussi donné les plaques d'airain, avec les plaques de Néphi, l'épée de Laban, et le Liahona (Mosiah 1:15-16). Il y a, bien sûr et sans aucun doute, plus à la possession royale des plaques d'airain que simplement la demande de la souveraineté légitime. Deutéronome 17:18-20 stipule que le Roi Israélite devrait garder avec lui à tout moment une copie de la loi pour qu'il puisse toujours garder à l'esprit les commandements de Dieu. Mais il devrait être clair que le monarque Néphite était plus que simplement un officiel profane suprême dans un gouvernement profane.

La nature de prêtre du titre de roi Néphite est, je pense, également évident dans d'autres domaines. Dieu, dit Benjamin, est celui qui nomme les rois (Mosiah 2:4). L'idéologie zéniffite maintenait que Néphi était choisi par Dieu pour diriger son peuple (Mosiah 10:13). C'est pourquoi, le roi représente Dieu sur la terre, et quand il est juste et inspiré, ses actes sont les actes de Dieu. La définition de Joseph F. Smith sur la prêtrise sera rappelée ci-après: "En général, la Prêtrise est l'autorité donnée à l'homme d'agir pour Dieu." Ce n'est donc pas inconsistent pour le livre de Mosiah qui parle de façon répétée des rois ordonnant des prêtres et des instructeurs de parler aussi de Dieu comme nominateur des intructeurs (voir Mosiah 2:4). De la même manière, un roi inspiré peut être vu comme parlant pour et au nom de Dieu, et la distinction entre ces deux rôles signifie peu (voir Mosiah 2:31). Dieu et le roi sont corrélatifs, se reflétant l'un l'autre dans leur sphères respectives (Mosiah 2:19)--Dieu gouverne tout l'univers, d'une manière macrocosmique, alors que le roi gouverne d'une manière subordonnée et microcosmique sur une portion limitée de l'univers de Dieu.

Les Rôles des Prêtres
La société dans laquelle les rois Néphites gouvernaient était centrée sur le temple. Peu après leur arrivée dans le Nouveau Monde, les membres de la colonie de Léhi ont construit "un temple...d'après la manière du temple de Salomon" (2 Néphi 5:16). Des annonces importantes ont été faites au temple (Mosiah 1:18; 2:5, 6). Ce n'était pas seulement vrai qu'à Zarahemla, mais aussi pour la colonie dérivée de Zéniff dans le pays de Néphi (Mosiah 7:17). Même le roi Noé qui n'était pas très spirituel prodigue de l'argent pour son temple qui était utilisé par les prêtres qu'il avait choisis (Mosiah 11:4-5, 7, 10-11). Le rôle des prêtres Néphites, comme il nous l'est souvent répété, est d'"enseigner". Surtout, ils enseignaient, ou au moins ils prétendaient enseigner, la loi de Moïse (voir Mosiah 12:25, 28; 18:18; 23:17; 25:21). Abinadi, bien sûr, attaque les prêtres hypocrites de Noé pour ne pas avoir bien enseigné la loi de Moïse (Mosiah 13:25-26), mais il n'y a pas d'indice qu'ils ne l'ont pas enseigné du tout. Ils avaient prétendu que le salut venait par la loi de Moïse--une proposition qu'Abinadi condamne comme mauvaise interprétation (mettre en contraste Mosiah 12:32 avec 13:28, 32). En échange, le roi Benjamin et le prophète Abinadi insistent sur le fait que la loi de Moïse a été donnée parce que les Israélites avaient eu "le cou raide" et avaient été résistants à une loi supérieure, et que son but principal est d'indiquer la venue du Christ (Mosiah 3:14-15; 13:29-31; cf. 2 Néphi 11:4; 25:24-30; Jacob 4:5; Alma 25:15; 34:14).

A première vue, il semble frappant que les "prêtres" dans Mosiah (et partout ailleurs dans le Livre de Mormon) ne font qu'enseigner. Les "prêtres et instructeurs" sont mentionnés d'une façon répétée. Pourrait-ce être lié à l'utilisation de Joseph Smith du mot prêtre pour les prêcheurs de son temps? Dans son dictionnaire de 1828, Noah Webster écrit qu'aux Etats-Unis, le mot prêtre dénote un pasteur autorisé de l'Evangile. Et c'est, en fait, en grande partie la façon dont Joseph Smith utilise le terme. L'ébauche de son "Histoire" de 1839, par exemple, parle de plusieurs prêtres instruits qui lui ont rendu visite pour contester ses revendications théologiques, alors que le contexte implique plus certainement des prêcheurs Protestants plutôt que des prêtres actuellement Catholiques ou Orthodoxes. La même utilisation apparait dans son récit des disputes religieuses qui ont précédé la première vision (voir JS-H 1:6).

En d'autres termes, est-ce que les prêtres de Mosiah sont de vrais prêtres dans le même sens que ceux de la lignée Lévitique dans la Bible Hébraïque? Evidemment, s'ils étaient réellement des instructeurs de la loi de Moïse, nous verrions des évidences non seulement que ses préceptes moraux étaient portés à discussion, mais aussi que son système de sacrifice serait transmis et mis en application. Après tout, nous avons le temple comme centre spirituel (et peut-être littéral) de la société Néphite, et nous avons des évidences (même petites) du sacrifice Mosaïque dans le livre de Mosiah (Mosiah 2:3-4; cf. 1 Néphi 5:9; Alma 34:13-14). De plus, une lecture attentive de Mosiah 1-6 offre des évidences plausibles que les Néphites célébraient, au moins pour cette occasion, une grande fête des Tabernacles. A ce propos, la lecture offre aussi une possibilité d'interprétation intéressante: Si, en fait, le discours du roi Benjamin coïncide avec la fête Néphite des Tabernacles, la célébration solennelle et émouvante du Jour du Sacrifice Expiatoire aurait eu lieu dans les quelques jours précédents. C'est pourquoi, quand, dans Mosiah 4:2, le peuple a crié pour appliquer le sang expiatoire du Christ, il n'est pas difficile d'imaginer ce cri comme un écho de la saison profondément religieuse par laquelle ils passaient, aussi bien que les sacrifices, caractéristique de la fête dans laquelle ils étaient engagés à ce moment-là. Les Néphites étaient après tout un peuple qui comprenait l'Evangile de Jésus-Christ mais qui continuait à vivre selon les ordonnances de la loi de Moïse, une possibilité permise grâce à Galates 3:8 et Moïse 6:54, 59-62. Ils avaient juste reçu de leur roi un message délivré angéliquement à propos du sang expiatoire du Christ (Mosiah 3:11). Ils comprenaient la signification réelle des ordonnances et rituels déposés dans la loi Mosaïque qui étaient destinés à annoncer le Christ (2 Néphi 11:4; 25:23-26; Jacob 4:5; 7:7; Jarom 1:11; Mosiah 3;14-15; Alma 25:15-16). Leurs esprits auraient donc été dirigés vers la venue du Sauveur d'une façon singulièrement puissante par les rites du Jour du Sacrifice Expiatoire et la Fête des Tabernacles. John Tvednes observe, "d'une façon significative, la loi prescrit plus de sacrifices pour Sukkot [Tabernacles] que pour aucun autre festival." D'une façon claire et comme étant abondamment attestée à travers le Livre de Mormon avant la venue du Christ, la loi Mosaïque était pratiquée parmi les Néphites (2 Néphi 5:10; 25:24); tout autant, donc, les prêtres du Livre de Mormon étaient réellement prêtres et pas simplement la rétrojection d'un fermier du dix-neuvième siècle des prêtres du renouveau de son temps dans son histoire pseudo biblique.

Les prêtres et instructeurs dont il est parlé à travers tout le Livre de Mormon sont souvent--mais pas toujours--deux groupes distincts, même si le livre attribue souvent les fonctions d'enseignement à ses prêtres. Les prêtres et les instructeurs sont mentionnés d'une façon plus ou moins proche vingt-deux fois dans le Livre de Mormon, et à chaque exemple, sauf une fois, les intructeurs sont mentionnés après les prêtres, suggérant qu'ils représentent un office subordonné dans la prêtrise parmi les Néphites comme ils le font aujourd'hui. (Il est clair dans Moroni 3 que les offices étaient distincts, au moins dans la pratique avancée Néphite). Cela semble être confirmé par un incident dépeint dans Mosiah 26:7, quand les instructeurs sont subordonnés aux prêtres dans la hiérarchie se consistant d'instructeurs, de prêtres, et d'Alma l'ancien en tant que "grand prêtre." (Comme nous allons le voir ci-dessous, Alma prenait ici la place du roi qui semble présider sur les prêtres dans la précédente pratique des Néphites.)

Les prêtres néphites semblent avoir servi en tant que conseil, auquel le roi pouvait aller pour recevoir des conseils et des opinions. Le deuxième Mosiah a consulté ses prêtres (Mosiah 27:1), comme l'a fait le roi Noé avec son propre tribunal (imitatif bien sûr) dans le pays de Néphi (Mosiah 12:17). Dans Mosiah 17:11-12, c'est en fait les prêtres de Noé qui conseillent le roi de mettre leur précédent collègue Alma à mort pour abandonner leurs voies justes.

Les anciens prêtres Néphites, étaient-ils ordonnés?
Le cas d'Alma l'ancien amène une question intéressante. Est-ce que les prêtres de Noé étaient des détenteurs légitimes de la prêtrise légitime? Nous n'avons pas de récit sur quelque ordination pour Alma autre que son inclusion présumée parmi les prêtres ordonnés par Noé à son ascension suivante au trône (Mosiah 11:5). Quand Alma a-t-il alors reçu l'autorité de la prêtrise? Est-il possible qu'il ait fonctionné en tant que prophète sans ordination? Cette possibilité a récemment été soulevée. "A l'occasion," a argumenté un écrivain, "certains individus avec des appels sans intermédiaires sont présentés sans attendre l'ordination avant d'embarquer dans leur ministère. L'ordination n'est donc pas présentée comme étant essentielle pour soit créer une église ou une structure de prêtrise quand il n'en existait aucune auparavant, ou de prêcher la repentance ou d'enseigner l'évangile, ou de critiquer une structure ecclésiastique existante ou même politique qui est devenue rigide ou corrompue."

Parmi ceux dans le Livre de Mormon qui sont dit avoir reçu des "appels sans intermédiaire" de l'autorité de la prêtrise par Dieu, il y a Léhi, Néphi, Samuel le Lamanite, Abinadi, Alma le jeune, et Alma l'ancien. J'examinerai chacun de ces cas individuellement, mais brièvement. Mais tout d'abord la théorie des appels dans la prêtrise sans intermédiaire a besoin d'être étudiée. Alma 13:1 est invoqué comme évidence que "le Seigneur Dieu a ordonné des prêtres, selon son saint ordre" sans aucun intermédiaire humain. Mais cela ne prouve rien de la sorte puisque le Seigneur agit par l'intermédiaire de ses agents désignés et puisque cela ne fait pas de différence que ce soit par Sa voix ou celle de ses serviteurs (D&C 1:38). Nous avons déjà vu que les fidèles Néphites pouvaient parler de la nomination par Dieu d'un roi ou d'un prêtre tout en étant conscients du libre arbitre humain par lequel cette nomination était mise en application. Alma 13:4 est cité comme preuve que c'est l'esprit de Dieu, et non de l'être humain, qui appelle à l'office de la prêtrise. Mais c'est au mieux une déduction non convainquante venant d'un verset plutôt ambigü. De plus, Alma 13:8, 10, et 16 clarifient que des ordonnances étaient impliquées et que les prêtres étaient ordonnés d'une manière qui était dirigée vers le Fils de Dieu. Et Mosiah 21:33-35 implique fortement que Limhi, au moins, n'a pas accepté l'idée d'appels sans intermédiaire pour l'autorité de la prêtrise.

Léhi
En ce qui concerne l'ordination de Léhi, une simple observation est à faire: Les arguments du silence sont faibles. Les versets cités pour prouver que Léhi était ordonné par aucun homme (1 Néphi 1:18-20) déclarent maintenant que Léhi n'était pas ordonné; ils ne mentionnent simplement pas qu'il l'était. Cependant, le fait que l'ordination de Léhi n'est pas mentionné par le Livre de Mormon peut être aussi bien non significatif que l'échec de Luc de mentionner le marriage d'Elizabeth avec Zacharie.

Néphi
Le fils de Léhi, Néphi, détenait sans question une forme de prêtrise, puisque, comme indiqué ci-dessus, nous avons le rapport qu'il a ordonné Joseph et Jacob, ses frères. Cependant, nous n'avons aucun écrit de sa propre ordination. 1 Néphi 17:48-54 ne dit rien à ce sujet. Que devons-nous conclure de ces lacunes dans la chronique Néphite? Rien, je suppose. Une fois de plus, de telles choses ne font que parler des erreurs dans la tenue des écrits; elles ne démontrent en aucun cas que les Néphites n'étaient pas ordonnés à la prêtrise.

Samuel le Lamanite
Dans le cas de Samuel le Lamanite, encore une fois, nous n'avons qu'un argument de silence. Nous ne connaissons que peu au sujet de sa carrière sauf pour cette brève portion rapportée dans Hélaman 13-16. De toute façon, il n'y a aucun passage dans le Livre de Mormon qui dit que Samuel ne détenait pas la prêtrise. Les sentiments écrits dans Hélaman 13:5,7 ne font pas du tout allusion au fait qu'il n'a pas été ordonné. Et, étant donné le silence général du Livre de Mormon à propos des affaires des Lamanites quand ils n'affectaient pas directement les Néphites, nous ne devons nous attendre à lire quoi que ce soit sur l'ordination de Samuel. (Il est significatif, pour notre recherche, que le Sauveur rescussité a, plus tard, reconnu Samuel comme "mon serviteur" [3 Néphi 23:9], confirmant que Samuel étant l'agent autorisé de Dieu au temps où il a prophétisé au nom du Seigneur sur les murs de Zarahemla.)

Abinadi
Au risque de fatiguantes répétitions, les mêmes observations essentielles doivent être faites dans le cas d'Abinadi: En effet, Mosiah 11:20 et 12:1-2 ne mentionnent pas son ordination. Mais que connaissons-nous à propos de sa biographie au-delà du bref récit avec le roi Noé et les prêtres de la cour? Rien. Est-ce que notre ignorance justifient la déclaration qu'il n'a jamais été ordonné?

Le cas d'Abinadi montre aussi comment, quand le roi échoue à ses responsabilités, quelqu'un d'autre peut être appelé pour remplir son rôle. Abinadi parle pour le Seigneur, selon le commandement du Seigneur, comme le roi était supposé de le faire (Mosiah 11:20; 12:1-2; 13:6). C'est parce que le roi et les prêtres ont échoués de se libérer de leur responsabilités qu'Abinadi a été envoyé par le Seigneur: "Avez-vous enseigné à ce peuple qu'il devait faire tout cela pour observer ces commandements? Je vous dis que non; car si vous l'aviez fait, le Seigneur ne m'aurait point envoyé pour prophétiser du mal concernant ce peuple" (Mosiah 13:25-26; cf. 12:29).

Par conséquent, il n'est pas surprenant que le roi Noé, qui ne reconnait pas sa propre négligence relative à l'office auquel il avait été divinement ordonné, demande à savoir "Qui est Abinadi?" Qui est cette personne qui s'introduit sans autorisation dans mes prérogatives royales et qui a l'affront de déclarer "que moi et mon peuple soyons jugés par lui"? Mais quand Abinadi répond à cette question par l'arrogante déclaration "Qui est le Seigneur?", la raison pour laquelle Abinadi a du être envoyé devient absolument claire (voir Mosiah 11:27; insistance ajoutée). Noé a rompu son alliance avec Dieu, ce qui était son ultime source d'autorité. Plutôt que de se reconnaitre en tant qu'analogue terrestre du roi céleste, il cherche à renier l'autorité de ce roi céleste. C'est pourquoi quand le Seigneur envoie Abinadi à Noé, il dit à ce prophète au sujet de la mort imminente du roi par le feu, "car il saura que je suis le Seigneur" (Mosiah 12:3; insistance ajoutée).

Alma le Jeune
Un argument relativement différent peut être fait dans le cas d'Alma le Jeune. Après sa conversion angélique spectaculaire, il a été revendiqué qu'"Alma n'attend pas pour une ordination par quelque autorité humaine." Même dans ce cas-ci, il est possible qu'Alma le Jeune, fils d'un prêtre, eut été déjà ordonné à un certain office dans la prêtrise au moment de sa conversion. Mais il ne faut aucune ordination pour rendre compte d'une expérience spirituelle, et c'est tout ce que Mosiah 27:32 nous dit de ce qu'il faisait. Il est absolument incorrect, cependant, de citer Alma >


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'Alma le Jeune ne revendiquait aucune autorité autre que la conversion puissante, même plus tard dans sa carrière, puisque ce discours commence avec une déclaration puissante de sa propre autorité de la prêtrise reçue par ordination: "Moi, Alma, ayant été consacré grand-prêtre de l'Eglise de Dieu par mon père Alma qui avait le pouvoir et l'autorité de Dieu de faire ces choses" (Alma 5:3; cf. Mosiah 29:42).

Alma l'Ancien
Si les cas de Léhi, Néphi, Abinadi, et Samuel sont relativement ambigü, celui d'Alma l'ancien ne l'est pas du tout. Il a été ordonné d'une façon valide par Noé qui a été ordonné par son père comme présenté précédemment. A ce sujet, un auteur soutient que Mosiah 11:5 exclut quelque ordination valide sous la main de Noé, mais il est difficile de voir à quel point ce passage raconte quoi que ce soit de la sorte. Le fait que Noé n'était pas juste, et qu'Alma lui-même semble avoir violé les lois de Dieu pendant son précédent ministère, n'a rien à voir avec l'autorité de la prêtrise d'Alma. A moins que et jusqu'à ce que l'autorité de la prêtrise supérieure retire la permission d'exercer les fonctions des prêtres, un légitime et ordonné détenteur de la prêtrise peut continuer à accomplir les ordonnances valides de la prêtrise--quelque soit le niveau d'injustice, quelque soit le manque de spiritualité, et même s'il est très possible qu'il n'exerce jamais sa prêtrise. (Comme notre avocat pour les appels sans intermédiaire écrit correctement [quoique d'une façon inconsistente] à un autre endroit dans sa discussion sur le sujet, "la dignité n'est pas essentielle pour le fonctionnement de la prêtrise. Si, par exemple, une personne était baptisée par un détenteur de la prêtrise indigne, le baptême serait toujours valable.")

Alma, en effet, a revendiqué avoir l'autorité de Dieu (Mosiah 18:13), une revendication que le futur éditeur reconnait valide implicitement (Mosiah 18:18) De plus, par le puissant vide laissé par le roi Noé, le peuple a imploré Alma d'assumer le titre et les prérogatives royales (Mosiah 23:6). Il a refusé le titre, mais par nécessité, il a assumé certaines tâches de la royauté. C'était Alma qui a ordonné des prêtres et des instructeurs pour son peuple paria, parmi lequel il était la seule source humaine d'autorité (Mosiah 18:18; 23:17). En effet, Mosiah 18:18 nous informe qu'Alma a ordonné un prêtre pour chaque cinquante de ses fidèles.

Les baptêmes qu'Alma a faits ont requis le pouvoir et l'autorité de Dieu (Mosiah 18:17). Un écrivain sur les sujets de Mormon, assumant par erreur qu'Alma n'avait pas d'ordination valide, utilise le livre de Mosiah comme évidence que le Mormonisme, à ses débuts, "plaçait un plus grand accent sur la nature charismatique, ou spirituelle, de l'autorité restaurée que sur ses aspects légaux. L'exercice de l'autorité dans les débuts de l'église [LDS] est dérivé de l'opération du Saint-Esprit plutôt qu'exclusivement de l'ordination ou d'une fonction d'un poste de l'Eglise. Ce n'est que petit à petit que la description Mormone de l'autorité devient clairement et légalement linéaire." Il voit cette réflexion de ceci dans le présumé fait que l'autorité de baptiser d'Alma, et même "la revendication légale de l'autorité des prêtres et instructeurs [ordonnés par lui] se reposait d'une façon ultime sur la réception charismatique de l'autorité d'Alma." Cependant, en interprétant de cette manière le récit d'Alma et de son peuple, cet auteur n'a pas seulement ignoré la véritable et réelle prêtrise clairement détenue par Alma avant la venue d'Abinadi, mais il a aussi mal interprété le récit du service de baptême d'Alma dans les eaux de Mormon. Il lit Mosiah 18:12 et y découvre la prière passionnée d'Alma: "O Seigneur déverse ton Esprit sur ton serviteur, afin qu'il fasse cette oeuvre avec sainteté de coeur." Puis il remarque que le verset suivant rapporte que "l'Esprit du Seigneur fut sur" Alma qui prétendait avoir "l'autorité du Dieu tout-puissant." Ayant vu ceci, et ayant confondu la séquence des faits, notre auteur prétend que l'autorité d'Alma est en fait venue par une réponse directe à sa prière par "sainteté de coeur," au lieu d'une ordination formelle. Cependant, le passage en question ne demande pas une telle conclusion, et il ne peut la suggérer. D'un fait certain, les détenteurs de la prêtrise qui n'ont jamais pensé à questionner leur autorité, et qui se souviennent très bien l'imposition des mains qui leur a donné cette autorité, peuvent comprendre une prière de l'Esprit avant d'accomplir une ordonnance. Dans l'histoire Néphite postérieure, la réception par ordination de l'autorité de baptiser est faite d'une manière absolument claire (3 Néphi 7:25).

L'Eglise dans les jours de Mosiah II
La rupture de Noé dans l'ordre normal des choses dans la royauté Néphite a eu des conséquences durables dans l'histoire Néphite. Premièrement, cela a aidé à transformer son prêtre du temps, Alma, en un ardent antimonarchiste. "Voici," dit Alma, qui reçoit une révélation divine aussi bien sur ses expériences personnelles avec Noé, "il n'est pas expédient que nous ayons un roi; car ainsi dit le Seigneur: Vous n'estimerez pas une chair plus qu'une autre, ou, un homme ne se croira pas plus qu'un autre; c'est pourquoi je vous dis qu'il n'est pas expédient qu vous ayez un roi. Cependant, s'il était possible que vous eussiez toujours des hommes justes pour rois, il serait bien alors d'avoir un roi. Mais rappelez-vous l'iniquité du roi Noé et de ses prêtres...et que vous ne confériez à personne le droit d'être votre roi" (Mosiah 23:7-9, 13). Alma commence sa dénonciation de la royauté en se référant à l'égalité de toute chair, mais il fait référence peu de temps après à la vraie raison pour laquelle il s'oppose à la monarchie, la raison étant que le roi peut tout aussi bien être injuste--comme son ancien chef Noé. (Bien sûr, un roi vraiment juste ne s'estimerait pas être meilleur que les autres, et ne permettrait pas aux autres de penser cela de lui; voir Mosiah 2:10-19, 26). Plus tard, dans Zarahemla, Alma porte l'accent sur l'égalité dans l'église, insistant sur le fait que les prêtres et les instructeurs travaillent pour subvenir à leurs propres besoins plutôt que de se reposer sur les surplus des autres (Mosiah 27:4-5).

Une autre conséquence de l'iniquité de Noé était, en fait, l'établissement d'une église néphite. Il est frappant qu'il n'y ait aucune référence dans les petites plaques de Néphi concernant une église existant dans le Nouveau Monde--i.e., dans la portion du Livre de Mormon précédant Mosiah--alors que de telles références sont courantes à partir du livre de Mosiah. Dans les petites plaques de Néphi, il n'est fait référence que d'une seule église existante; et cette église est l'église à Jérusalem à laquelle Laban était apparemment affilié (1 Néphi 4:26). Le lien de Laban avec cette église est peut-être presque suffisant en lui-même pour négliger ce terme dans les petites plaques--une négligence oubliée à de rares occasions. (Des considérations similaires peuvent avoir mené à un manque d'enthousiasme apparent dans les petites plaques à parler à propos des prêtres et de la prêtrise. Quand les prêtres et la prêtrise sont mentionnés, c'est dans le contexte d'un avertissement contre les méchancetés des intrigues de prêtres--un péché qui peut certainement affliger les églises.) A l'exception d'une simple référence d'une église de Jérusalem au temps de Léhi et d'une autre référence d'une église de Jérusalem au temps de Jésus et des apôtres (2 Néphi 25:14), les seules apparitions du terme église dans les petites plaques se réfèrent à la grande et abominable église eschatologiquement apocalyptique (1 Néphi 13:4-6, 8, 26, 28, 32, 34; 14:3, 9-10, 15, 17; 22:13-14, 23; 2 Néphi 6:12; 26:20-21; 28:3, 12, 18) ou, d'une manière moins commune, elles se réfèrent à l'église de Dieu eschatologiquement apocalyptique (1 Néphi 14:10, 12, 14; 2 Néphi 9:2). De nouveau, il est frappant qu'il n'y ait aucune référence d'une église existante dans le Nouveau Monde, malgré le fait que les petites plaques couvrent pratiquement les premiers cinq siècles de l'histoire Néphite.

Rodney Turner émet l'observation que "le Livre de Mormon n'indique pas la nature exacte et l'importance de l'Eglise, en tant que telle, parmi les Néphites." Si j'ai raison, ce fait est parce que, parmi les Néphites, il n'y avait pas d'église. Turner a raison, dans un certain sens, de discuter le fait que "l'église a été fondée sur la terre dans chaque dispensation de l'évangile depuis les jours d'Adam. Même s'il elle est toujours fondée avec les clés et pouvoirs associés avec la prêtrise de Melchisédek et s'il elle exprime toujours certaines doctrines et ordonnances de base, sa structure organisée reflète les temps et circonstances dans lesquelles elle est établie. Donc, l'église de chaque dispensation a eu sa propre personnalité." Mais il ne peut présenter aucune évidence qu'il existait parmi les Néphites, avant Alma, quoique ce soit de semblable à ce que nous reconnaissons aujourd'hui en tant qu'organisation de l'église. Au temps d'Alma seulement, nous rencontrons une église distincte dans le vrai sens du mot grec ekklesia. (il sera rappelé que ce terme faisait référence originellement, en Grec classique, à une assemblée de citoyens appelée par une sorte de pleureur. Ce mot est apparenté au verbe ekkaleo, "appeler." La notion de "séparation" est inhérente, et inévitable, en cela.)

Je réalise que je travaille ici sur la base d'un argument silencieux, relativement analogue à l'argument que j'ai critiqué vis-à-vis de ceux qui rivalisent avec la présence des appels de la prêtrise sans intermédiaire dans le Livre de Mormon. Les lecteurs sont donc libres de prendre cet argument comme ils le souhaitent. L'une des manières de le tester est par la plausibilité, ou le manque de plausibilité, de ma position générale, dans laquelle cet argument particulier a une place spécifique. Mais je dois dire que le manque de références à une église dans les premiers temps néphites--manque consistent sur de nombreuses pages et dans l'espace de beaucoup de temps, mais seulement dans une partie des annales--me semble indiquer quelque chose de plus significatif qu'un échec occasionnel de mentionner les ordinations personnelles de la prêtrise dans un livre non prédisposé à donner des détails biographiques.

C'est Alma qui a fondé l'église parmi les Néphites (Mosiah 23:16), dans le sens d'une organisation existante séparément d'une société plus large. Il est facile de voir pourquoi cela était ainsi. Le roi, Noé, avait abdiqué ses responsabilités traditionnelles dans le système hiérarchique social des Néphites, et Alma avait pris sa place en tant que dirigeant spirituel et source de l'autorité de la prêtrise pour ceux qui rejetaient la direction de Noé. La colonie d'Alma est donc devenue un groupe à part comme la communauté contemporaine de Qumran sur la rive de la Mer Morte. La naissance en tant que Néphite n'était plus suffisante pour qu'un homme ou une femme fasse partie du peuple de Dieu, comme il ne l'était plus suffisant pour les membres de la secte Qumran. Au lieu de cela, une décision consciencieuse et personnelle, une alliance, était requise de qui désirait être compté parmi le peuple de Dieu.

Pour Alma et ses disciples, cette décision était exprimé par le baptême. "Or," cria Alma à son peuple, "je vous dis que si c'est là le désir de votre coeur, qu'avez-vous qui vous empêche d'être baptisés au nom du Seigneur, en témoignage devant lui que vous avez fait alliance avec lui de le servir et de garder ses commandements pour qu'il puisse déverser plus abondamment son Esprit sur vous?... Ils furent appelés l'Eglise de Dieu ou l'Eglise du Christ. Et quiconque était baptisé par le pouvoir et l'autorité de Dieu était ajouté à son Eglise" (Mosiah 18:10, 17; cf. 18:13-16; 25:17-18). Même Alma a reçu l'immersion comme signe de son engagement au Seigeur (Mosiah 18:4-5).

Un peu plus tard, le roi Limhi et son peuple ont aussi désiré être baptiser pour montrer leur engagement à faire la volonté de Dieu. Mais "ils ne s'établirent pas en une église à ce moment-là" parce qu'"il n'y avait personne dans le pays qui eût l'autorité de Dieu." Après tout, Alma s'était déjà enfuit comme l'avaient aussi fait les prêtres de Noé qui étaient corrompus mais ordonnés. Noé était mort et dans de telles circonstances, il n'a pas pu consacrer Limhi comme son successeur selon la pratique Néphite. (Ammon, le soldat de Zarahemla qui a dirigé l'expédition pour les trouver, avait évidemment l'autorité de la prêtrise; mais il se sentait lui-même indigne de l'exercer et il a refusé d'accomplir l'ordonnance du baptême pour eux. Voir Mosiah 21:33-35 sur ce sujet.) Plus tard, quand les groupes dirigés par Alma et Limhi se sont réunis à Zarahemla, le peuple de Limhi a été baptisé par Alma. "Oui, et tous ceux qu'il baptisait appartenaient à l'Eglise de Dieu" (Mosiah 25:17-18).

Bien sûr, il serait stupide de discuter le fait que le baptême était inconnu chez les Néphites avant le temps d'Alma. Des références au baptême sont fréquentes dans les petites plaques. En effet, Moïse 6:52-53, 64 nous informe que l'ordonnance étant connu d'Adam. Mais il est important de remarquer qu'alors que le baptême accomplit toute justice, ouvre la porte du salut, et nous permet d'obtenir la rémission des péchés, aucun texte dans les petites plaques ne décrit le baptême comme un rite initial pour rentrer dans l'église, et il en est de même pour Adam. Il est aussi important de se rappeler le fait que l'église et la prêtrise ne sont pas inséparablement liés. Il est possible à la prêtrise d'exister sans une église (quoiqu'il est impossible pour la véritable église d'exister sans la prêtrise). Comme souvent remarqué, l'Eglise d'aujourd'hui est simplement un échaffaudage essentiel mais temporaire qui entoure une structure de prêtrise familiale en construction; jusqu'à ce que cette construction soit finie à un moment donné dans un future postmortel, la prêtrise est associée à l'Eglise. Dans 2 Néphi 31:9, 18, il est clair que le baptême était connu et pratiqué par les premiers Néphites, en accord avec la loi éternelle, comme premier pas sur le chemin vers la vie éternelle. Il n'est pas spécifié à quelle sorte de société religieuse ou communauté d'église, s'il y en existe, les personnes se joignaient par ces premiers baptêmes. En fait, il n'est évident que ce baptême a toujours signifié l'entrée dans une église, ou que l'entrée dans une église a toujours fait partie de ce chemin.

Comme hypothèse pouvant être testée par les lecteurs et étudiants du Livre de Mormon, Je suggère que la prêtrise des premiers Néphites était une structure donnée à travers la famille et l'organisation en clan plutôt qu'à travers une structure sous la forme d'église. De plus, je propose que les premièrs Néphites ont trouvé leur identification sociale et religieuse dans le seul fait qu'ils étaient Néphites. Dans les premiers jours des Néphites dans le Nouveau Monde, pour pouvoir suivre Néphi, il fallait s'engager délibérément, ce qui pouvait demander un sacrifice pour ceux qui le faisaient. Les prophètes prêchaient le baptême et le recommendaient aux premiers Néphites comme quelque chose qui plait à Dieu et nécessaire pour le salut dans Son royaume--mais c'était aussi facile pour un Néphite non-baptisé de se considérer comme membre du peuple de Dieu (tout en n'ayant pas accompli d'importante ordonnance) que pour un Saint des derniers jours de se sentir membre de l'Eglise, même pour un membre croyant qui néglige les services de Sainte-Cène, boit du café, fume, et se marie en dehors du temple. Cependant, à un moment donné, il est devenu apparent qu'être Néphite pouvait devenir, et était peut-être déjà devenu, une question de lignée; et donc cela ne nécessitait aucun engagement personnel pour servir le Seigneur. Il était évident que les Néphites en tant que tels n'étaient pas le "peuple du Seigneur." Une définition plus précise de ce terme, pour savoir qui était compté parmi le peuple du Seigneur et qui ne l'était pas, est devenue quelque chose de désirable.

A chaque instant, l'église (cette innovation amenée indirectement par le roi Noé dans le pays de Néphi) a maintenu son existence dans le pays de Zarahemla. Le roi Mosiah a accordé à Alma le droit "d'établir des églises dans tout le pays de Zarahemla", et l'a autorisé à "ordonner des prêtres et des instructeurs sur chaque église" (Mosiah 25:19)--une prérogative qui appartenait jusqu'à ce moment-là à la royauté. En effet, Mosiah a donné à Alma l'autorité sur l'église (Mosiah 26:8), déléguant ainsi à un autre homme une partie majeure de l'autorité sacrée qui avait traditionnellement été rattachée au trône Néphite. (Dans ce qui suit, nous verrons que Mosiah se sentait dépassé par les responsabilités qu'il avait en tant que roi. Il était présumément ravi de se débarrasser de quelques-unes d'entre elles.) Les prêtres dans l'église de Zarahemla ont enseigné aux gens ce qu'Alma leur donnait d'enseigner (Mosiah 25:21), puisqu'Alma avait reçu cet enseignement de Dieu qu'il représentait. Donc, la hiérarchie pyramidale de roi céleste, roi terrestre, prêtres, instructeurs, et peuple, si charactéristique de la pensée et pratique des premiers Néphites a survécu sous le nouvel ordre, quoiqu'elle soit sous une forme relativement différente.

Il est vrai que le roi Mosiah semble avoir gardé pour lui-même un conseil de prêtres conseillers même après l'établissement de l'église à Zarahemla (Mosiah 27:1). Alors qu'il est possible que ces hommes aient continué à faire partie du corps de prêtres indépendants de la nouvelle église--la transition d'une structure de prêtrise non-ecclésiastique à une structure ecclésiastique ne s'est pas forcément produite en une seule fois--il n'y a aucune raison d'assumer qu'ils l'eussent fait. Si le modèle pratiquement universel des cultures avancées dans l'ancien monde avait lieu aussi chez les Néphites, leur prêtrise aurait la majorité des hommes les plus éduqués et astucieux de la société, et elle serait un réservoir naturel de conseillers talentueux pour le monarque. Il n'y aurait aucune raison, même après l'établissement de l'église, pour le roi Mosiah de renvoyer ses conseillers, quelque soit leur statut dans la prêtrise. Et en fait, il est intéressant de remarquer que la question sur laquelle ils lui donnent des conseils, selon Mosiah 26:38-27:2, est un fait politique surpassant l'église et s'étendant, en fait, à tous les sujets du roi, membre ou pas. Le roi a gardé l'autorité et la responsabilité de gérer de telles questions.

Cependant, les questions de discipline ecclésiastique devaient à partir de ce moment particulier être traitées dans l'organisation elle-même sans implication directe de la monarchie. Mais l'établissement de l'église dans la société Néphite, adhésion distincte d'une façon théorique et pratique de la simple nationalité Néphite, a mené vers des problèmes sans précédent. Tout d'abord, ceux de la plus jeune génération--ceux qui n'ont pas eu l'expérience du grand flot spirituel qui s'est produit au sermon d'abdication du roi Benjamin deux décennies auparavant--ont refusé d'être baptisés ou de se joindre à l'église (Mosiah 26:1-5). Leur influence du monde a commencé à payer pour ceux qui s'étaient déjà engagés en tant que membres de l'église qui se trouvait dans sa deuxième génération. Ces membres de l'église ont commencé à commettre de nombreux péchés, ce qui a bien sûr soulevé la question de comment ils devaient être disciplinés (voir Mosiah 26:6-8).

"Pareille chose n'était jamais arrivée dans l'église. C'est pourquoi Alma eut l'esprit troublé, et les fit amener devant le roi. Et il dit au roi: Voici, nous en avons amené beaucoup devant toi, qui sont accusés par leurs frères; oui, et ils ont été surpris commettant diverses iniquités. Et ils ne se repentent point de leurs iniquités; c'est pourquoi, nous les avons amenés devant toi, pour que tu les juges selon leurs crimes" (Mosiah 26:10-11).

De vieilles habitudes meurent difficilement. Ici, Alma--qui a des opinions anti-monarchiques prononcées--se tourne vers le monarque pour recevoir de l'assistance afin de résoudre un grave problème ecclésiastique. Mais il avait mal calculé puisque le roi Mosiah II, lui-même, était probablement le meilleur converti par Alma pour une position anti-monarchique. Et Mosiah était un partisan de cette position plus régulier, au moins dans ce cas, que le grand prêtre. Il a refusé d'être impliqué dans cette sorte de question religieuse et ecclésiastique qu'il a mis sur les épaules d'Alma. Il a dit, "Voici, je ne les juge pas, c'est pourquoi, je les livre entre tes mains pour être jugés" (Mosiah 26:12; insistance ajoutée).

Ceci était très inquiétant pour Alma qui n'a maintenant aucun autre recours que de prier le Seigneur pour trouver une solution au problème urgent auquel il doit faire face. (Voir Mosiah 26:13. Le roi terrestre, qui est la source de l'autorité religieuse dans la précédente tradition Néphite et le dernier recours pour les questions religieuses, a sans aucun doute abandonné ce rôle. Il ne restait que le roi céleste.) En réponse aux supplications sérieuses d'Alma, le Seigneur a révélé l'idée de l'excommunication, par quoi "quiconque ne voudra point se repentir de ses péchés, ne sera pas compté parmi mon peuple" (Mosiah 26:32). Mise en pratique, cette idée a résulté à l'effacement des noms d'un nombre d'anciens adhérents de l'évangile. "Et il arriva qu'Alma mit en ordre toutes les affaires de l'église" (voir Mosiah 26:32, 36-37). Cette idée d'excommunication était bien évidemment complètement nouvelle pour Alma qui a grandi avec l'ancienne idéologie où la naissance permettait aux gens de faire partie du peuple du Seigneur--les Néphites--d'une manière qu'ils ne pouvaient pas être effacés et où l'identité sociale principale était nationale ou généalogique, comme nous pourrions l'exprimer, plutôt qu'intentionel ou volontaire.

Rois et Prêtres
Quand il est devenu clair qu'aucun de ses fils n'accepterait le royaume, Mosiah a proposé l'abolition de la monarchie Néphite--dans des mots qui rappelle la position d'Alma:

?S'il vous était possible d'avoir pour rois des hommes justes, qui établiraient les lois de Dieu, et jugeraient ce peuple selon ses commandements, si vous pouviez avoir pour rois des hommes qui feraient pour ce peuple ce qu'a fait mon père Benjamin--je vous le dis, si ceci pouvait toujours être le cas, il serait bien alors que vous ayez toujours des rois pour vous gouverner... Aussi, je vous le dis, comme tous les hommes ne sont pas justes, il n'est pas expédient que vous ayez un roi ou des rois pour vous gouverner. Car voici, combien un seul mauvais roi ne fait-il pas commettre d'iniquités? Oui, et quelle destruction! Souvenez-vous du roi Noé, de sa méchanceté, de ses abominations, et aussi de la méchanceté et des abominations de son peuple. Voyez quelle grande destruction s'abattit sur eux (Mosiah 29:13, 16-18; cf 29: 30-31).

L'exemple du roi Noé est sûrement une indication que les expériences et l'analyse d'Alma des évènements au pays de Néphi ont profondément influencé, peut-être d'une façon décisive, la nouvelle position de Mosiah.

Comme Alma, Mosiah parle à propos de la monarchie de la perspective de l'égalité humaine. Mais quoique les deux hommes semblent superficiellement dire la même chose, il y a une différence fondamentale entre leurs deux positions. "Et je vous ordonne," dit Mosiah

de le faire et de ne pas avoir de roi, afin que, si ce peuple commet des péchés et des iniquités, il en réponde sur sa propre tête. Car voici, je vous le dis, les péchés d'un grand nombre de peuples ont été causés par les iniquités de leurs rois; c'est pourquoi, leurs iniquités retombent sur la tête de leurs rois. Et maintenant, je désire que cette inégalité n'existe plus dans ce pays, particulièrement parmi ce peuple qui est le mien... Et le roi Mosiah leur découvrit beaucoup d'autres choses, leur dévoilant toutes les épreuves et les tourments d'un roi juste, oui, tout le travail d'âme pour son peuple, ainsi que tous les murmures du peuple à son roi; et il leur expliqua tout cela. Et il leur dit que ces coses ne devaient point être; mais que les fardeaux devaient peser sur le peuple entier, afin que chacun supportât sa part. (Mosiah 29:30-34)

Alors qu'Alma a exprimé ses sentiment anti-monarchiques dans les mêmes termes que nous employerions aujourd'hui, avec notre insistance sur les droits humains et l'égalité de toute l'humanité devant Dieu et la loi, Mosiah vient à la question d'une perspective de roi. (Son approche est très différente de la façon de penser d'un Américain du dix-neuvième siècle que certains critiques du Livre de Mormon revendiquent voir.) Mosiah se préocuppe du fardeau excessif que la royauté impose sur ceux qui essaient consciencieusement de porter leurs responsabilités. Ayant essayé depuis trois décennies de se décharger de ses devoirs royaux, Mosiah sent que c'est le roi qui est victime de l'inégalité inhérente dans le système monarchique Néphite. Le souverain porte non seulement ses propres erreurs, mais prend la responsabilité pour les sujets s'il les a, même par inattention, mal dirigés.

Les soucis de Mosiah sont présents dans la vie. Les opinions similaires sont exprimées par le roi et les soldats dans la pièce historique de Shakespeare à propos de La Vie du Roi Henry V. A l'aube de la bataille monumentale d'Agincourt (1415). Henry, incapable de dormir, est représenté comme flânant parmi ses innombrables troupes, déguisé en simple soldat. Il engage une conversation avec certains de ses hommes, mais il n'est absolument pas prêt pour ce qu'il va entendre:

BATES

Sa cause serait-elle mauvaise, notre obéissance nous laverait de tout crime.

WILLIAMS

Oui, mais, si sa cause n'est pas bonne, le roi aura un terrible compte à rendre, quand toutes les jambes, tous les bras, toutes les têtes, enlevés dans la bataille, se rejoindront au jour du jugement et crieront: Nous sommes morts à telle place, les uns jurant, d'autres demandant un chirurgien, d'autres pleurant sur leurs femmes laissées dans la misère, sur des dettes impayées, des enfants subitement orphelins... Eh bien, si ces homme ne doivent pas bien mourir, c'est une lourde responsabilité pour un roi qui les a obligés à se battre.

Apparemment, Henry est vraiment troublé par ce genre de conversation, et il tente, sans grand succès, (tout en dissimulant son identité) de contester. Il ne semble pas pouvoir se convaincre, et après que ses hommes soient partis se coucher, on le voit parmi les soldats endormis en se parlant assez amèrement de l'envie qu'il a pour leur simples vies, si libres de responsabilités:

Tout repose sur le roi! Les vies, les âmes, les dettes, les épouses, les enfants et les péchés! Il nous faut tout porter! O cruelle responsabilité, jumelle de la grandeur! Dépendre du souffle du moindre fou incapable de rien sentir, sauf sa propre souffrance! Que d'infinies satisfactions sont défendues aux rois, qui réjouissent les autres hommes! Et quels avantages ont les rois, dont soient privés les autres hommes excepté l'apparat? Et qu'es-tu, toi l'idole de cet apparat? Quel sorte de dieu es-tu, toi qui souffres plus de maux humains que tes adorateurs?

...

Et craint, tu es moins heureux que ceux qui la craignent!

...

Non, tu n'es qu'un rêve orgueilleux qui s'amuse subtilement du repos d'un roi. Je suis un roi, moi qui te démasque. Je sais que ni le baume, ni le sceptre, ni le globe, ni l'épée, ni la masse, ni la couronne impériale, ni la robe brodée d'or et de perles, ni le titre pompeux qui précède le roi, ni le trône où il s'asseoit, ni la marée d'honneurs qui bat les hauts rivages de ce monde, ni les cérémonies trois fois splendides, ni rien de ce qui repose sur un lit majestueux, ne sauraient nous donner le profond sommeil du misérable esclave! Le corps rempli du pain de la détresse, et l'esprit vide, il peut du moins goûter au repos...

L'esclave appartenant à une contrée paisible jouit de sa paix; mais sa grossière cervelle ne se rend pas compte combien le roi a dû dépenser de veilles pour maintenir cette paix, dont les heures sont surtout profitables au paysan!

Ces sentiments, vus comme étant ceux de Henry ou ceux de Shakespeare, sont des sentiments prédémocratiques. Ses sentiments sont comme ceux du roi Mosiah, quoique nous puissions comprendre comment un monarque sur le trône puisse avoir tendance à avoir des pensées monarchiques.

Mosiah s'est peut-être rappelé le sort de Noé qui a payé pour ses crimes d'une mort très douloureuse alors que son peuple semble avoir été épargné. (Bien qu'étant un homme méchant, Noé étant néanmoins un roi, un membre d'une petite et sélecte fraternité. Dans ce sens limité mais important, Mosiah pouvait probablement ressentir une certaine royauté en lui. Mosiah s'est peut-être rappelé les paroles de son père Benjamin prononcées à la fin d'un long, consciencieux et laborieux règne dédié au service de ses sujets et donc au service de Dieu: "Je vous dis que si vous serviez celui qui vous a créés... je le dis, si vous le serviez de toute votre âme, vous ne seriez encore que de vains serviteurs" (voir Mosiah 2:21; cf. 2:17).

Emu par les sentiments apparents et profonds de Mosiah, le peuple accepte son plan d'abolir la monarchie. "C'est pourquoi, ils abandonnèrent leur désir d'avoir un roi, et ils devinrent extrêmement soucieux de donner à tout homme une chance égale dans tout le pays. Et chacun manifesta sa volonté de répondre de ses propres péchés" (Mosiah 29:38).

Donc, l'institution des juges a été introduite parmi le peuple et acceptée par les Néphites (Mosiah 29:11, 41-42) pour complémenter l'office religieux de grand-prêtre qui avait déjà été introduit. (Dans un certain sens, ceci a simplement formalisé la division des fonctions que Mosiah et Alma avaient déjà divisées auparavant.) Cedpendant, le peuple a choisi comme premier chef des juges Alma le Jeune qui avait reçu précédemment l'office de grand-prêtre par son père, le premier Alma (Mosiah 29:42). Mosiah II n'ayant aucun héritier qui les voulait, Alma le Jeune avait déjà reçu les plaques d'airain, les plaques, et les interprètes, les reliques sacrées qui, comme nous l'avons vu, faisaient partie d'un important symbolisme de la royauté Néphite (Mosiah 28:10, 20). Le don de la position de chef des juges à Alma peut donc être vu comme tentative de la part du peut de rejoindre les fonctions laïques et sacrées de la royauté en un seul homme qui ne pourrait, il est vrai, pas porter le titre de "roi" mais qui, néanmoins, jouerait essentiellement le même rôle. La royauté a été après tout une institution populaire. Les frères de Néphi ont pensé qu'il convoitait le titre (1 Néphi 16:38), et il a été obligé plus tard de le refuser de la part de son peuple (2 Néphi 5:18; 6;2). Zéniff a été couronné roi par la voix du peuple dans le pays de Néphi (Mosiah 7:9). Le peuple d'Alma a cherché à le persuader à accepter les honneurs du roi, mais il a refusé (Mosiah 23:6-7). Et ce ne fut qu'après la supplication passionnée de Mosiah à son peuple qu'"ils abandonnèrent le désir d'avoir un roi" (Mosiah 29:38). De plus, la monarchie a continué à fasciner et à attirer une partie, au moins, de la population Néphite longtemps après son abolition, comme démontré par les efforts répétés à travers les années de la restaurer. Alma 51-62, par exemple, rapporte les luttes que Moroni a eu avec les "hommes-roi," qui cherchaient à changer les lois pour réétablir la royauté. Trois Néphi 6:30 fait référence à une autre tentative de mettre un roi sur le trône Néphite, et 3 Néphi 7:9-10 décrit un effort qui a eu partiellement et temporairement du succès. Bien sûr, la royauté a eu ses exigences--et pas seulement pour le chanceux qui obtiendrait le trône.

La tentative apparente du peuple Néphite de contourner le rejet de leur roi à la royauté n'a cependant pas réussi. Après seulement environ cinq ans, Alma le jeune a abandonné sa position de chef des juges (son office le moins efficace) pour concentrer son attention sur le rôle de grand-prêtre comme solution au problèmes urgents que rencontrait son peuple (Alma 4:15-20). Plus jamais un Néphite ne servirait comme dirigeant religieux et temporel de son peuple. L'office relativement laïque du chef des juges a continué jusqu'à environ la fin de la civilisation Néphite, mais nous n'avons pas de récit d'un chef des juges qui ordonnait des prêtres; de telles ordinations étaient la prérogative des grand-prêtres avant la venue du Christ (comme dans Alma 6:1; 3 Néphi 7:25), et puis, après la venue du Christ et la disparition apparente de cet office, des "disciples et anciens de l'église" (Moroni 3:1). Les fonctions de la prêtrise étaient essentiellement rompues des fonctions gouvernementales, et les deux ne seraient jamais complètement réunis dans la royauté avec laquelle l'histoire des Néphites avait commencé dans le Nouveau Monde. Les objets matériels qui ont autrefois appartenus à la monarchie Néphite ont continué à être passés de génération en génération, mais maintenant à travers une lignée non royale de grand-prêtres et prophètes (Alma 37:1-47; 63:1-2, 10-13; 3 Néphi 1:2-3; 4 Néphi 1: 47-49; Mormon 1:2-5; 4:23; 8:3-5; Moroni 10:2; Joseph Smith-Histoire).

Ce bref aperçu du sujet de la prêtrise et de l'autorité dans le Livre de Mosiah a révélé un système complexe et remarquablement constant supportant les nombreux détails secondaires de sa narration déjà très impliquée. Je ne peux voir comment qui que ce soit puisse échouer d'être impressionné par ce que le livre de Mosiah révèle au sujet de la richesse nuancée du Livre de Mormon. Je l'ai sûrement été.

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