Brigham Young University Homepage

Neal A. Maxwell Institute Of Religious Scholarship

L'Etude et la Foi dans le Livre de Mormon (WEL-88)
John W. Welch
Provo, Utah: Maxwell InstituteThe views expressed in this article are the views of the author and do not necessarily represent the position of the Maxwell Institute, Brigham Young University, or The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints.
Print | Email

L'Etude et la Foi dans le Livre de Mormon

John W. Welch
Traduction par Hauck

John W. Welch est professeur de droit à l'Université de Brigham Young, et il est le président de la Fondation pour La Recherche Ancienne et les Etudes sur les Mormons (F.A.R.M.S.), une organisation non-lucrative qui publie les fruits de recherches approfondies sur le Livre de Mormon et les études anciennes qui s'y rapportent. Professeur Welch a donné ce discours le 10 Mai 1988.

Nous avons beaucoup entendu parler du Livre de Mormon ces dernières années. Un Saint des Deniers Jours devrait être sourd et aveugle pour ne pas avoir remarqué que le Président Benson en a fait un thème principal d’importance cruciale. La signification du Livre de Mormon pour nous en tant que peuple, à la fois individuellement et collectivement, peut difficilement être exagérée. "Supprimez le Livre de Mormon et les révélations et où est votre religion?" a demandé Président Benson; "Nous n’en avons aucune," a été la réponse depuis longtemps.

Ce livre a donné aux membres de l’Eglise plus qu’un nom seulement. Bien plus que cela, il nous sert de tuteur spirituel, nous enseignant comment entendre et connaître la voix de notre maître et de reconnaître le témoignage du Saint-Esprit. Il nous sert de fontaine de sagesse, nous expliquant, comme aucune autre source, le plan de salut et notre présente condition humaine. Il est un signe du Rétablissement dans ces derniers jours, et témoigne de Jésus-Christ, démontrant à tous ceux qui ont des oreilles pour entendre et des yeux pour voir que Dieu a toujours été à l’œuvre dans ce monde. C’est la clé de nos alliances, (par exemple, peu d’entre nous pensent au fait que les paroles de la prière de baptême et de la bénédiction de la Sainte-Cène, que nous utilisons chaque semaine, ont été révélées premièrement dans cette dispensation à travers la traduction de 3 Néphi 11 et de Moroni 4–5). Ce livre est aussi notre guide sur la manière de vivre et il révèle pleinement comment nous serons jugés.

Ça nous apporte tant et tant de choses. C’est un livre merveilleux qui peut être utilisé et appliqué dans mille et une facons. C’est le moyen primordial par lequel Dieu a choisi de communiquer son évangile de l’alliance à tous peuples à notre époque—riches, pauvres, jeunes, vieux, blancs ou noirs, mariés ou célibataires. Il y a peu de choses dans cette vie qui sont plus importantes à faire que de connaître, d’aimer et de suivre les enseignements du livre de Mormon.

Parce que c’est si complet et si riche, ses maintes facettes restent scellées à tous ceux qui n’en font pas une étude quotidienne pour la vie. Peu importe qui vous êtes—un converti récent ou un érudit sérieux , un saint ou un pécheur non repentant—le Livre de Mormon est à votre portée, il commence où vous êtes, il répond à vos besoins et à vos intérêts. Dans sa plénitude, nous avons seulement effleuré sa surface. Il y a de nombreuses leçons, de toutes sortes, que nous avons toujours à apprendre de ses pages.

Depuis longtemps, le Seigneur essaie de faire en sorte que les saints en retirent davantage du Livre de Mormon. Dès 1832, il a châtié les membres de l’Eglise à Kirtland pour avoir négligé le Livre de Mormon, disant: "les enfants de Sion, oui tous . . . resteront sous . . . condamnation jusqu’ à ce qu’ils se repentent et se souviennent de la nouvelle alliance, à savoir le Livre de Mormon." (D&A 84:57). Aussi récemment que 1984, Président Benson réitéra la même sévère admonition. Durant la Conférence Générale d’Octobre de cette année-là, il a dit: "Tandis que j’assistais à la dédicace du temple de Mexico City, je reçus la nette impression que le Seigneur n’était pas content de notre attitude négligente envers le Livre de Mormon." Il a clairement indiqué que nous étions toujours sous cette même condamnation, datant d’il y a 150 ans. En dépit de tout ce que nous avons fait dans le passé, nous avons toujours des kilomètres à faire pour comprendre et obéir ce qui nous a été donné.

Quelques exemples, provenant d’études récentes, peuvent illustrer ce que j’entends à propos de la manière dont notre appréciation du Livre de Mormon est toujours en train de grandir.

Premièrement, un peu d’histoire: l’année 1829. Ce n’est que récemment que j’ai commencé à réaliser quel accomplissement foudroyant ce fut pour Joseph Smith de faire paraître le Livre de Mormon. Le seul fait que ce livre existe tient davantage du miracle que la plupart d’entre nous le réalise. Considérez, par exemple, la simple question du temps qu’il a fallu pour Joseph de traduire le Livre de Mormon.

De nombreux documents historiques de source sûre, écrits par des personnes telles que Lucy Mack Smith, Joseph Knight, David Whitmer, Oliver Cowdery, et même des archives publiques, comme l’hypothèque sur la ferme de Martin Harris, corroborent entièrement ces détails et révèlent un récit stupéfiant.

Après les incidents survenus en 1828, la traduction du Livre de Mormon commença finalement le 7 avril 1829, deux jours après l’arrivée d’Oliver Cowdery à Harmony, en Pensylvannie, envoyé sur révélation personnelle du Seigneur afin de servir de secrétaire à Joseph Smith. Quelques cinq mois après, le 15 mai, ils en étaient déjà au récit du ministère du Christ parmi les Néphites, dans 3 Néphi 11.

Vers le 11 Juin, nous savons qu’ils avaient déjà traduit les dernières plaques de Mormon, puisque Joseph a utilisé ces mots tirés de la page du titre pour servir de description légale sur la demande de droits d’auteur qu’il a soumis ce jour-là. Vers le 30 juin, le travail était fini à la ferme des Whitmer à Fayette, New York. Du début à la fin—pas plus de 85 jours en tout. Mais, même de ce total il faut retrancher: le temps pris par Joseph et Olivier pour déménager, la première semaine de juin, sur bb, d’Harmony à Fayette, quelques 240 km de trajet; le temps qu’il a fallu pour les trajets à Colesville afin de se procurer des matériels (120 km aller-retour); le temps pour recevoir et consigner par écrit 13 sections contenues maintenant dans les Doctrine et Alliances; le temps pour rétablir la Prêtrise d’Aaron et la Prêtrise de Melchisédek; le temps pour convertir et baptiser Samuel et Hyrum Smith ainsi que plusieurs autres; le temps pour recevoir des manifestations avec les Trois et les Huit Témoins; et je suppose, un peu de temps pour manger et dormir.1

Ceci laisse seulement au Prophète environ 60–65 jours pour travailler à la traduction, ce qui revient à une moyenne phénoménale de huit à neuf pages par jour. Une semaine pour produire 1 Néphi, avec tous ses subtils bagages religieux et culturels qui ont pris des volumes à défaire, pour Hugh Nibley.2 Un jour et demi pour traduire le discours du roi Benjamin, qui est l’un des textes les plus magistraux en matière de littérature religieuse. A part les enseignements doctrinaux sur l’expiation, le service, l’humilité, la conversion, et les alliances, ça réflète aussi la piété de l’ ancien Israël, introduite avec le vrai évangile de Jésus-Christ. Et cependant, il n’y avait pas lieu pour Joseph de consulter la moindre bibliothèque (même s’il y avait eu une bibliothèque à Harmony, en Pensylvannie—ce qui n’était pas le cas); pas de temps pour étudier le Mishnah pour découvrir comment, en fait, les rois Israélites donnaient des discours touchant le renouvellement des alliances, comme celui du roi Benjamin, du sommet de leurs tours, à leur peuple assemblé par familles, sous leurs tentes, autour du temple;3 pas de temps pour réviser et peaufiner, pas de temps pour faire des recoupements de dates et détails enchevêtrés. Au lieu de cela, le texte vint, ainsi que l’a déclaré Oliver cinq ans plus tard, "jour après jour, ininterrompu," à mesure que ses mots sortaient "de sa bouche."

De voir ceci m’a fait réaliser la magnificence du Livre de Mormon. Ceci était un accomplissement renversant. Le texte fut produit d’un seul trait, copie finale, dicté, et ainsi en est-il resté jusqu’à ce jour, à l’exception de quelques retouches mineures touchant le style. En tant qu’avocat, je sais ce que c’est que de dicter. Après des années de pratique, je ne peux toujours pas m’attendre à dicter d’une manière parfaite la première fois.

Considérez un deuxième cas, de l’antiquité. Egalement en tant qu’avocat, j’avais été fasciné et impressionné par la sophistication technique du Livre de Mormon dans les affaires légales anciennes. Quiconque a écrit le Livre de Mormon était intimement familier avec un système legal complètement cohérent, fondé sur la jurisprudence et la terminologie légale de l’ancien Israël. Ceci est particulièrement vrai à propos d’Alma, qui, après tout, était le Grand Juge. Les rapports sur le procès d’Abinadi, Néhor, et Korihor, finirent par être de remarquables documents légaux, à la lumière de ce que nous savons sur les anciennes lois touchant les injures, les faux témoignages, le blasphème, le meurtre, la publication des résultats d’une condamnation infâme, et ainsi de suite.

La loi était d’une grande importance pour les Néphites comme pour les Israélites en général. C’est difficile pour nous d’imaginer l’ardeur Israélite en matière d’enseignement, d’étude, et de mise en pratique de la loi. Ils aimaient la loi. Pendant les jours de fête, ils vénéraient la loi, affichant leurs livres de loi à travers la ville. En comparison, imaginez ce qui se passerait si nous devions faire parade d’une copie du Code sur le Revenu Intérieur, durant l’une de nos festivités. Ainsi est-il significatif qu’Alma ait dit que les Néphites étaient stricts à obéir la loi de Moïse (Alma 30:3), ce qui était le cas jusqu’à la venue du Christ. Néphi a dit aussi qu’ils "gardaient les "jugements, les statuts et les commandements du Seigneur, en toutes choses, conformément à la loi de Moïse." (2 Néphi 5:10)—"en toutes choses" signifierait: en matière civile et criminelle aussi bien que religieuse.

On peut voir combien ceci était vrai à travers des choses telle que la suivante: il se trouve qu’il y avait une grande différence, sous la loi de Moïse, et dans loi criminelle de l’ancien Proche Orient en général, entre être un "larron" et être un "voleur."4 Un "larron" était un membre intégral de la communauté; d’habitude, il travaillait seul, il volait des choses telles que des poulets la nuit. Une offense commise par un larron n’était pas sérieuse, et il était puni légèrement, et il lui était habituellement requis de rendre ce qu’il a volé et ensuite de donner le double. Un "voleur," d’autre part, était un intrus, litéralement un hors-la-loi, vivant en-dehors de la communauté et en-dehors de la protection de la loi locale. Les voleurs se cachaient dans les collines, en bandes; avaient juré vœux de secret; fondaient sur les villages, en assassinant ouvertement et en pillant. Les voleurs étaient un de ces grands fléaux de l’ancienne civilisation; quelquefois, en Egypte, ils occupaient des cités entières. Des soldats étaient envoyés à leurs trousses, et quand ils étaient pris, ils étaient mis à mort sur-le-champ—aucun procès n’était nécessaire.

Cette sorte d’information apparaît significative pour la compréhension du Livre de Mormon, car celui-ci aussi observe rigoureusement cette distinction: les voleurs de Gadianton sont toujours appelés voleurs, et non larrons. Ils vivent dans les collines, et l’armée se lance à la bataille contre eux. Quand les Néphites en attrapent un, comme dans le cas de Zemnariah dans 3 Néphi 4, ils le mettent à mort sur-le-champ. Aucun procès n’est mentionné alors qu’ ils le pendent à un arbre et abattent l’arbre selon les rites (une forme d’exécution notoire, qui, effectivement, connaît un parallèle remarquable dans un autre coin obscur de la loi juive, qui requiert curieusement que l’arbre, auquel le coupable est pendu, soit abattu).5 En effet, le mot hébreu pour ‘bandit’ (gedud ) peut même avoir une connection avec le nom Gaddianton, particulièrement puisque ce nom, rencontré dans le Livre de Mormon, était à l’origine écrit avec un double "d," comme l’hébreu gedud.

Maintenant, nous pouvons aussi mieux comprendre pourquoi Laman était aussi effrayé par la menace de Laban. Notez que quand Laman a essayé d’obtenir les plaques d’airain, Laban l’a jeté dehors en disant: "tu es un voleur, et je te tuerai" (1 Néphi 3:13). En effet, Laban était un officier militaire. Et même si Laban n’était pas, selon toute évidence, un voleur, si Laban choisit de l’appeler ainsi, Laban a le pouvoir de mettre sa menace à exécution. Bien sûr, si le texte avait dit, "Tu es un larron, et je te tuerai," ça n’aurait pas paru correct. Mais cela aussi est un point significatif, car il y a peu de distinction substantive entre "larcin" et "vol" dans la loi angloaméricaine. Par ailleurs, Joseph n’aurait pu apprendre l’ancienne distinction, de la bible, car les traducteurs de la Version du Roi Jacques utilisent indifféremment ces deux mots, et d’une manière interchangeable. Par example, dans l’histoire du Bon Samaritain, la Version du Roi Jacques dit qu’un homme desendit de Jérusalem et tomba au milieu de "larrons" (Luke 10:30). Bien évidemment, on ne tombe pas au milieu de "larrons" dans le désert, mais parmi des "voleurs," ce qui est conforme au grec. Cependant, à la différence de la Version du Roi Jacques, le Livre de Mormon utilise ces deux termes correctement.

Troisièmement, considérez ce qui se rapporte au monde de la littérature. J’ai réalisé la précision remarquable du Livre de Mormon, pour la première fois, alors que je servais une mission en Allemagne du Sud. C’était là, il y a vingt ans de cela, lors d’une présentation dans un séminaire catholique, qu’on me présenta l’idée du chiasme dans la Bible. Le chiasme est une variété de parallélisme qui était fréquemment utilisée dans l’ancien Proche Orient, spécialement en Hébreu, quoique de façon non exclusive. Au lieu de dire quelque chose deux fois dans une forme parallèle directe (a-b-c/a-b-c), un texte chiasmique se répète la deuxième fois dans l’ordre inverse (a-b-c/c-b-a). Un exemple pertinent se trouve dans le Lévitique chapitre 24, où les trois éléments—"tue un homme," "tue une bête," et "inflige une mutilation"—apparaissent d’abord dans cet ordre pour ensuite être répété dans l’ordre inverse, encadrant la formule de la loi du talion, "œil pour œil, dent pour dent" (Lévitique 24:17–21)

Le chiasme est plutôt un mode d’expression charactéristique, détecté récemment, ce qui est souvent une aide appréciable dans l’analyse des textes bibliques. Aussi étais-je dans un état de surexcitation lorsque je découvris, un matin de bonne heure, que plusieurs des auteurs dans le Livre de Mormon employaient aussi ce style. Il se trouve que certains des exemples, les plus significatifs et les mieux construits, de cette forme littéraire dans le monde entier, apparaissent dans les pages du Livre de Mormon.6 Un bel example se trouve dans Mosiah 5:10–12 où les six éléments—"nom, appelé, main gauche, se rappeler, effacé, et transgression"—apparaissent d’abord dans cet ordre, et ensuite réapparaissent dans l’ordre inverse. Un autre exemple créatif est dans Alma 41:13–15. Comme Lévitique 24, Alma utilise le chiasme d’une manière brillante pour dépicter l’aspect réciproque de la justice restaurative.

Et rien ne surpasse la composition chiasmique d’Alma 36, où Alma place, au point pivot de son chapitre laborieusement équilibré, le point tournant spirituel central de sa vie entière, à savoir le point où il invoque le nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, pour expier ses péchés. Alma n’aurait pu faire appel à une meilleure tournure littéraire pour placer le Christ plus carrément au milieu de ce paragraphe.

Finalement, considérez d’autres sortes de leçons plus pratiques et spirituelles que nous avons toujours à apprendre du Livre de Mormon. En tant qu’évêque d’une paroisse d’étudiants à BYU, j’ai trouvé maintes fois que les réponses aux difficultés spirituelles étaient là, attendant d’être découvert dans le Livre de Mormon. Mais elles ne faisaient surface qu’après que nous ayons scruté en prière les Ecritures, pour obtenir une réponse à nos besoins.

Par exemple, j’avais une membre dans ma paroisse, qui ne pouvait se sentir complètement pardonnée, même si elle avait sincèrement essayé. L’idée nous est venue comment Benjamin a conseillé, et commandé à son peuple, qu’ils devaient partager de leur subsistance avec les pauvres pour pouvoir retenir la rémission de leurs péchés, jour après jour (Mosiah 4:26). Il se trouve que ceci fut la réponse. Donner des offrandes aux pauvres faisait, depuis toujours, partie des jours de jeûne de l’Israël Saint, quand ils quémandaient l’expiation pour leurs péchés. Peut-être est-ce là une leçon que nous devrions tous apprendre, une étape oubliée dans le processus de la repentance, de nous rappeler les pauvres et les nécessiteux.

En d’autres occasions, j’ai conseillé les membres de ma paroisse qui luttaient contre la tentation qu’ils devraient prier d’une manière plus efficace, en implorant le Seigneur de les aider à surmonter ce qui les tentait. J’ai aussi appris cette leçon du Livre de Mormon, car il est dit que les Néphites qui étaient justes offraient une prière chaque jour "afin qu’ils n’entrent pas en tentation" (Alma 31:10). Quand était-ce la dernière fois où vous avez demandé à votre Père Céleste que vous ne soyez pas influencé par une tentation particulière?

Ou encore, avons-nous réellement compris comment le diable opère? La vision de Léhi du grand et spacieux édifice, par exemple, nous dit graphiquement qu’une arme principale utilisée par le Malin est la moquerie et la dérision. Je ne pense pas que nous nous gardons suffisamment de ce genre de comportement. Cependant, quand vous connaissez la tactique de votre adversaire, c’est plus facile de préparer votre stratégie de défense. Il n’y a pas de meilleur exposé que celui trouvé dans le Livre de Mormon, à propos des moyens astucieux mais libertins utilisés par le diable.

Ou encore, avons-nous réellement noté ce qu’Alma a vraiment dit à propos de planter la semence de la foi dans Alma 32? Que saurons-nous, d’après lui, quand la semence commence à grandir? Savons-nous que la semence est "vraie"? Eh bien, selon Alma, il est dit que nous commencerons à savoir que la semence est "bonne" (Alma 32:30–33, 36).

Maintenant, il y a une différence entre savoir que quelque chose est "vrai" et savoir que c’est "bon." Satan, par exemple, en sait beaucoup de ce qui est vrai, cependant il en sait peu de ce qui est bon. Nous devons savoir les deux. Quel délice de savoir non seulement que l’évangile et le Livre de Mormon sont vrais, mais aussi qu’ils sont bons.

Cette liste peut continuer indéfiniment, mais considérez une de plus. Il y a des leçons à apprendre encore pour ce qui est de faire et garder nos alliances. Quand Jésus avait seulement quelques jours à passer avec le peuple juste au pays d’Abondance, qu’est-ce qu’il a passé son temps à dire et à faire? Il y a juste quelques mois j’ai subitement réalisé qu’Il les a rencontrés, dans Néphi 11, au temple, où Il est entré en alliance avec eux. Cela a commencé avec un grand Hosanna, avec des instructions sur le baptême, et avec des ordonnances à la prêtrise. Il leur a dit comment ils devaient faire alliance: si quelqu’un parmi eux avait des rancœurs contre un autre, Jésus leur a dit qu’ils devaient aller se réconcilier et ensuite, venir au Christ à l’autel. Là, ils devaient prêter serment en disant seulement "oui" ou "non." Ceci était une affaire sérieuse et sacrée. Si quelqu’un révélait indûment ces choses saintes à ceux qui ne sont pas dignes, en les jetant aux pourceaux, Jésus leur a dit qu’ils seraient déchirés et foulés aux pieds.

Dans 3 Néphi 12 et 13, Il a donné au peuple une série de commandements, auxquels ils avaient alors promis d’obéir. Ces commandements comprenaient la nouvelle loi du sacrifice (le sacrifice d’un cœur brisé et d’un esprit contrit), d’obéissance, de conduite appropriée envers les frères (pas de dérision, ni colère, ni ridicule), de chasteté, d’amour pour vos ennemis, de prière, et de consécration (car un homme ne peut servir Dieu et Mammon).

Vers la fin, Il leur promit que ceux qui savent et font ces choses auront le droit d’entrer dans le royaume céleste au dernier jour. Mais ceux qui n’auraient pas connu ainsi le Seigneur n’auront pas le droit d’entrer.

Tout ceci a été enseigné alors que Jésus préparait ces gens à faire alliance au temple, à garder ces commandements, à prendre son nom sur eux, et à se rappeler son corps qu’il venait de leur montrer, et qu’ils avaient reçu et touché de leurs propres mains.

Si Jésus n’avait que peu de temps à passer avec ce peuple, et a choisi de le passer avec eux au temple, ne devrions-nous pas passer un peu plus de notre temps là aussi?

Pourquoi donc vous ai-je dit toutes ces choses? Il y a plusieurs raisons. Premièrement, parce que je les trouve passionnantes. Je ne cesse de m’émerveiller à propos du Livre de Mormon. Les passages chiasmiques du Livre de Mormon, par exemple, sont tellement évidents, une fois qu’ils aient été mentionnés, que je me demande comment Mark Twain ait pu leur passer à côté. Sachant que le contexte du Sermon de Jésus au Temple touchant les alliances est si clair est précieux pour moi, je me demande pourquoi je ne m’y suis pas concentré plus tôt. Le Seigneur a dit que le Livre de Mormon contient "la plénitude de l’évangile" (D&A 20:9). Cette déclaration est plus vraie qu’on ne le réalise. Scellées quelquepart dans ses pages se trouvent, je le sais, beaucoup de leçons qui sont encore à apprendre et beaucoup de choses toujours à découvrir.

Je vous dit également ces choses parce que je sais qu’elles sont vraies et bonnes pour nous. Un des buts du Livre de Mormon est d’être un témoin convainquant que Jésus est le Christ. Son but c’est de convaincre Juifs, Lamanites et Gentils. Tout en reconnaissant que toute preuve doit être évaluée soigneusement, je trouve l’accumulation de faits tels que ceux-ci plûtot persuasive et vraiment convainquante que ce livre témoigne en vérité que Jésus est le Christ.

Est-ce que ceci signifie que j’essaie de prouver que le Livre de Mormon est vrai? Cette question est souvent posée, mais pas assez souvent pondérée. A cet égard, j’aime ce que B.H.Roberts a dit en 1909: Le Saint Esprit "doit toujours être la source suprême de preuve pour la véracité du Livre de Mormon. Toute autre évidence est secondaire à celle-ci, celle qui est suprême et infaillible. Aucun système de preuve—aussi habilement arrangé qu’il soit—aucun raisonnement—aussi adroitement émis qu’il soit—ne peuvent jamais prendre [la] place [du Saint-Esprit] . . . Cependant, "des évidences secondaires pour soutenir la vérité," poursuit-il, "comme les causes secondaires en matière de phénomène naturel, peuvent être d’une importance de première classe et être de puissants facteurs dans l’achèvement des buts de Dieu."7 Je crois que des documents historiques, datant à partir de 1829, une distinction légale entre vol et larcin, et d’autres études de la sorte, nous donnent seulement ce genre de preuves secondaires de première classe. Ils nous aident à apprécier les origines miraculeuses du Livre de Mormon, la complexité du système légal et littéraire encastré dans le texte, et la profondeur de ses doctrines. Ceci n’est pas un simple livre esquissé de la main d’un jeune homme, mais reflète le meilleur d’un millier d’années de civilisation et d’inspiration.

Bien sûr, le Livre de Mormon reste un sujet de débat—et heureusement, le Seigneur l’a laissé principalement dans le domaine de la foi. Toute question ne peut être répondue à la satisfaction de tous, mais quand cela a-t-il jamais été le cas pour la Bible, les mathématiques, ou n’importe quel autre sujet? Cependant, Dieu ne nous a pas laissé sans amples raisons positives, qui guideront l’esprit curieux, et susceptible d’être enseigné, au niveau de la foi.

J’ai également dit ces choses pour montrer que plusieurs approches seront nécessaires pour sonder les profondeurs du Livre de Mormon. Des approches historiques, doctrinales, théoriques, pratiques, religieuses, légales, littéraires, intellectuelles, et spirituelles, sont toutes nécessaires. Président Benson a dit: "Non seulement nous devrions connaître l’histoire . . . que Livre de Mormon contient, mais nous devrions aussi comprendre ses enseignements. . . . Dieu s’attend à ce que nous utilisions le Livre de Mormon de différentes manières." Ce livre a de nombreux buts qui y sont mentionnés. Ils exigeront les meilleures de nos facultés.

Les approches, dont j’ai fait mention, donnent seulement un aperçu des études faites en ce moment par de nombreuses personnes à B.Y.U: Hugh Nibley, sur les anciens models culturels du livre et de leurs implications modernes; John Sorenson, sur la géographie limitée, requise par le livre lui-même; Robert Matthews et Monte Nyman, qui accordent un grand intérêt au livre et au Mormonisme contemporain; Stephen Ricks, Dan Peterson, et Stephen Robinson, qui travaillent sur les comparaisons avec le milieu hébreu, arabe et le monde chrétien ancient; Bob Millet et Joseph McConkie, qui explorent ses significations et portée doctrinales; Noel Reynolds, qui scrute 1Néphi d’une perspective politique, donnant légitimité à Néphi en tant que successeur de Léhi; Roger Keller, qui ajoute cette année une seconde contribution à l’analyse, assistée par ordinateur, des auteurs; Paul Hoskisson, qui cherche des étymologies potentielles sur les noms propres du Livre de Mormon; et beaucoup d’autres.

Chacun approche le livre différemment, ce qui me permet de voir combien incomplet est mon propre savoir. Comme l’apôtre Paul l’a dit, nous voyons seulement "à travers un miroir d’une manière confuse"; notre connaissance est incomplète, nous "voyons partiellement" seulement, et nous prophétisons même seulement "partiellement" (1Corinthiens 13:9,12). Similairement, Président Benson a dit que nous ne devons jamais faire halte dans notre étude du Livre de Mormon. Ça nous usera bien avant que nous l’userons: "Tout Saint des Derniers Jours devrait faire de ce livre une étude pour la vie. Autrement, il placerait son âme en danger et négligerait ce qui pourrait donner une unité spirituelle et intellectuelle à sa vie toute entière."

Notez bien ce que le Président Benson dit là: "Unité spirituelle et intellectuelle à votre vie toute entière." Une autre raison pour laquelle je vous ai dit ces choses, c’est parce que je pense qu’elles sont le genre de choses qui pourraient nous aider à réaliser l’unité spirituelle et intellectuelle dont Président Benson parle. Il y a un verset des Doctrine et Alliances, gravé sur une plaque dans la Bibliothèque Lee (à BYU). C’est sur l’escalier qui mène du bureau de prêt au quatrième étage. En tant qu’étudiant à BYU dans les années 60, je pouvais le voir plusieurs fois par jour, et ça a fait une profonde impression sur moi. Ça nous exhorte à "rechercher la connaissance par l’étude et aussi par la foi" (D&A 88:118). L’esprit et l’intellect, l’étude et la foi, la science et la religion, le témoignage et l’académique. Souvent, nous voyons ceux-ci comme des opposés, mais en fin de compte ils ne le sont pas. Si nous recherchons premièrement Dieu et sa gloire, si dans nos études nous sommes toujours disposés à écouter les conseils du Seigneur, si nous sommes autant rigoureux à propos de ce que nous pensons et comment nous raisonnons, nous verrons comment toute vérité peut être circonscrite dans un tout et que toutes choses contribueront à notre bien.

Des outils d’érudit peuvent être utilisés en étudiant davantage les Ecritures. Là aussi, nous devons être, en traduisant du Grec, "aussi avisés que des serpents mais aussi purs que des colombes" [phronimoi, akeraioi] (cf. Matthieu 10:16). Tout outil peut être utilisé pour le bien ou pour le mal. Un marteau peut être utilisé pour construire ou pour détruire. Ça peut même blesser la personne insouciante ou inexpérimentée qui essaie de l’utiliser. Mais pour cette seule raison, nous n’évitons pas tous les marteaux. Tout outil doit être utilisé prudemment, avec de l’entraînement, et dans le but indiqué. Chacun doit faire attention à ne pas excéder ces limites. Nous devons tous tempérer l’enthousiasme avec la compétence, et le zèle avec la connaissance, mais aussi nous devons tempérer les prémices de l’inspiration et les assertions érudites avec l’humilité.

Mais avec les bons outils utilisés de façon appropriée, nous pouvons faire de grandes choses. Le Livre de Mormon reste un livre scellé par de nombreux sceaux. Des outils et méthodes appropriés en ouvrira davantage d’entre eux, et nous en révèleront alors beaucoup de sa plénitude. C’est scellé pour nous, à cause de notre infidélité et de nos manquements à prier. C’est scellé pour nous, à cause de notre inattention aux détails et au contexte. C’est scellé pour nous, en partie de par sa nature, parce que c’est un abrégé. C’est scellé même davantage, à cause de nos manquements à écouter les autorités, et à appliquer les enseignements du Livre de Mormon chaque jour. C’est scellé quand nous prenons ses origines divines, et sa simple élégance, à la légère. C’est scellé quand nous manquons de voir le peuple du livre comme ils se sont vus eux-mêmes. Ce n’est plus scellé quand nous ne nous mettons pas des œillères et cessons d’entendre ce que nous voulons entendre, mais prenons du recul et laissons le Livre de Mormon nous parler, au lieu de lui parler nous-mêmes. Maintenant, ce livre est supposé nous parler de la poussière, mais cela ne veut pas dire la poussière de nos étagères. Tout ceci prendra d’immenses efforts; cependant, les récompenses promises en valent la peine et même plus.

Tôt ou tard, ce livre sera descellé dans notre vie. Dans les derniers jours, Esaïe dit que ce livre ne sera pas un livre scellé quand finalement "le sourd entendra [ses paroles] et les yeux des aveugles verront dans l’obscurité et les ténèbres" (Esaïe 29: 18). Alors, dit-il, les humbles croîtront, tandis que les moqueurs seront consummés (Esaïe 29:19-20). Ceci arrivera, dit Esaïe, quand ceux qui avaient erré acquerront de l’intelligence, et ceux qui ont murmuré apprendront la doctrine (Esaïe 29:24) Les deux seront requis: une compréhension correcte et la dévotion pour la doctrine.

Au jugement dernier, nous verront également encore ces paroles. Les livres de la vie seront descellés, et toutes choses seront manifestées, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Les paroles du Livre de Mormon figureront d’une manière proéminente en ce jour, car ce sont les paroles selon lesquelles vous et moi serons jugés. Comme Dieu l’a dit, ils resteront comme un témoignage éclatant au jour du jugement (Mosiah 3:23-24; Moroni 10:27).

Espérons que ce ne sera pas la première fois que le Livre de Mormon sera véritablement descellé et ouvert devant nos yeux.

Rien ne surpasse la composition chiasmique dans Alma 36, où Alma place, au point pivot de son chapitre laborieusement equilibré, le point tournant spirituel central de sa vie entière, à savoir le point où il invoque le nom de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, pour expier ses péchés. Alma n’aurait pu faire appel à une meilleure tournure littéraire pour placer le Christ plus carrément au milieu de ce paragraphe.

Le Livre de Mormon n’est pas un simple livre esquissé de la main d’un jeune homme. Bien sûr, le Livre de Mormon reste un sujet de débat—et heureusement, le Seigneur l’a laissé principalement dans le domaine de la foi. Toute question ne peut être répondue à la complète satisfaction de tous, mais quand cela a-t-il jamais été le cas pour la Bible, les mathématiques, ou n’importe quel autre sujet?

Avons-nous réellement compris comment le diable opère? La vision de Léhi du grand et spacieux édifice, par exemple, nous dit graphiquement qu’une arme principale utilisée par le Malin est la moquerie et la dérision. Je ne pense pas que nous nous gardons suffisamment de ce genre de comportement. Cependant, quand vous connaissez la tactique de votre adversaire, c’est plus facile de préparer votre stratégie de défense.

 

Home | CPART | METI | Willes | BYU
BYU-Idaho | BYU-Hawaii | The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints
Updated by the Maxwell Institute Web Team, Brigham Young University, Provo, UT 84602 - Copyright 2013, All Rights Reserved