
SION ET L'ESPRIT D'UNITÉ
M. Catherine Thomas
"Et il arriva qu'il n'y eut pas de querelles dans le pays, à cause de l'amour de Dieu qui demeurait dans le coeur du peuple. Et il n'y avait pas d'envies, ni de discordes, ni de tumultes, ni de fornications, ni de meurtres, ni aucune sorte de lasciveté et assurément il ne pouvait y avoir de peuple plus heureux parmi tout le peuple qui avait été créé par la main de Dieu... mais ils étaient un, enfants du Christ et héritiers du royaume de Dieu. Et comme ils étaient bénis !"( 4 Néphi 1:15-18).
Comment parvenir à la Sion céleste décrite dans 4 Néphi ? Comment apprendre selon l'esprit d'unité ? Comment combler le vide entre où nous pensons être actuellement spirituellement et où nous voulons et devons être en tant que communauté ? Est-ce que le Seigneur fera quelque chose de magique pour nous préparer pour sa venue, pour nous préparer à édifier Sion, pour finalement entrer dans le royaume de Dieu ? Comment y parvenir en partant d'où nous sommes?
Voici des questions importantes que j'aimerais aborder dans cette présentation.
Je suggère que nous soyons venus sur terre pour apprendre les principes de paix et d'unité afin de les emmener avec nous dans le royaume des cieux. Nous les connaissions dans l'existence prémortelle ; nous les vivions et connaissions leur fonctionnement. Cependant nous avons oublié comment ils fonctionnent ici-bas. Est-il possible, après tout, que le fait de posséder ces principes soit l'évidence de notre préparation à entrer dans le Royaume ?
Quand nous pensons avec quelle facilité nous avons échangé l'esprit d'unité contre la discorde, nous voyons quel défi cela pourrait être pour nous de vivre en Sion ou dans une condition céleste où chacun aura appris, par choix et par pratique, à préférer l'esprit d'unité au désaccord et au conflit.
De quelle nature est l'énergie négative qui nous conduit au désaccord dans notre entourage ? Il s'agit de problèmes causés, peut être, par le fait d'essayer d'imposer sa propre volonté sur celle des autres, soit par la critique, la colère, l'irritabilité, l'égoïsme, le manque de pardon, le manque de respect de la liberté d'autrui, les représailles, la morosité, la peur, l'inquiétude soit tout simplement en oubliant d'avoir foi au Seigneur Jésus-Christ. Nous avons probablement tous fait l'expérience de ces attitudes négatives pour distinguer l'amer du doux. Je pense que nous avons tous ce genre d'attitudes jusqu'à ce que nous apprenions qu'il y a quelque chose de meilleur. Et le meilleur est rattaché à la nature divine que nous sommes venus sur terre pour acquérir.
Bien sûr, nous éprouvons tous des émotions négatives de temps à autre, et occasionnellement elles ont besoins d'être exprimées. Mais même quand ces émotions d'énergie négative sont totalement justifiées, elles peuvent constituer un fardeau spirituel pour nous et notre entourage si elles sont imposées trop longtemps. Notre mauvais caractère et nos mauvaises humeurs peuvent devenir une forme de mauvais traitement pour nous et notre entourage. Peut-être, n'avons nous pas complètement développé l'idée que la paix est une condition vitale dans laquelle l'esprit croît. Nous n'avons peut-être pas réalisé la valeur spirituelle de la paix intérieure. Le Seigneur, cependant, semble l'estimer considérablement et nous invite fréquemment à vivre en paix. Il nous a lancé de nombreuses invitations semblables dans le Livre de Mormon. Mormon, par exemple, parle des "disciples paisibles du Christ" qui sont entrés dans le repos du Seigneur, qui les a reconnus à cause de leur "conduite paisible" envers les hommes (Moroni 7:3-4) Peut-être que la paix semble être quelque chose qui arrive si nous sommes chanceux ; ou un luxe dont nous pouvons parfois nous abstenir. Cependant apprendre à établir une véritable paix intérieure est indispensable à notre progression spirituelle.
Les écritures appellent également cette paix le repos du Seigneur ou repos de Dieu. Ce repos ou cette paix est le don d'un sentiment doux ainsi que de la perspicacité de la part du Seigneur, et il est impossible d'en faire uniquement l'expérience par la pensée positive ou par le rejet de pensée négative. C'est un état spirituel que nous instituons lorsque nous suivons les principes spirituels. Par exemple, le Seigneur a déclaré "Enseigne-lui à ne jamais se lasser de bonnes oeuvres, à être doux et humble de coeur ; car ceux-là trouveront du repos pour leur âme. "(Alma 37 : 34)
En m'observant ainsi qu'autrui, il est dégrisant de constater avec quelle rapidité nous échangeons la paix intérieure pour quelque chose de moindre, pour une forme de colère. Combien prompt nous sommes à être offensé et ainsi la tumulte qui nous entoure s'aggrave. Avec quelle facilité nos attentes sont insatisfaites en ce qui concerne la façon dont autrui devrait nous traiter ou ce qu'il devrait faire pour nous. Nous devenons froid et irritable et usons de représailles pour ce manque de considération réel ou imaginaire. Avec quel empressement nous insistons pour avoir raison aux dépens de relations précieuses. Cependant, en jetant de l'huile sur le feu avec des énergies négatives, nous sommes rarement tranquilles ou en paix, face aux principes de tolérance et d'amour, de fermer les yeux, de laisser tomber et de pardonner.
J'ai remarqué quand je ne suis pas en paix avec moi-même, je m'attire des ennuis. Je les recherche même - critiquant ceci, me plaignant de cela, maltraitant mes êtres chers. Je cède à l'attendrissement sur moi-même, ce qui me cause de me retirer, léchant mes blessures, attendant que quelqu'un vienne réparer à l'intérieur de moi, ce qui est réellement ma propre responsabilité. Je pense que l'attendrissement sur soi-même peut être un péché parce qu'il fonctionne en enfreignant l'esprit d'unité et le pouvoir de la foi. Je me suis demandée combien de temps je pourrais demeurer en Sion ? Combien de temps se passerait-il avant que je démantèle Sion moi-même ?
Une communauté comme Sion est le produit de choix personnels de chaque personne qui la constitue. C'est également une fonction de la grâce de notre seigneur Jésus-Christ, lequel façonne les coeurs afin qu'ils soient comme son grand coeur. Mais cela commence premièrement avec un choix individuel qui doit devenir indépendant des choix d'autrui qui mènent à quelque chose de moindre. A présent, l'esprit du Seigneur est l'esprit d'unité. Il découle de Jésus-Christ et cherche à nous attirer à Lui et l'un envers l'autre. Il nous invite à synchroniser nos énergies personnelles avec les siennes dans toutes nos relations. Et quand nous synchronisons notre énergie, quand nous nous sentons en paix avec nous-mêmes, avec le Seigneur, avec autrui, vous et moi avons le pouvoir divin de générer, par un acte de volonté, de l'énergie mentale, physique et spirituelle positive, en choisissant prudemment nos attitudes, actions et paroles selon les enseignements des écritures. Je suis arrivée à un point où je sais que tout ce que je dis, n'importe quand, est mon choix et que je ne peux pas le reprocher à une situation ou à quelqu'un d'autre. Cette responsabilité personnelle est mentionnée très clairement à plusieurs reprises dans le Livre de Mormon. Vous vous souviendrez, par exemple, des paroles de Samuel le Lamanite :
"Et maintenant, souvenez-vous, souvenez-vous, mes frères que quiconque périt, périt à lui-même ; et quiconque commet l'iniquité, la commet contre lui-même ; car voici vous êtes libres ; il vous est permis d'agir par vous-mêmes ; car voici Dieu vous a donné la connaissance et il vous a rendus libres.
"Il vous a donné de discerner le bien du mal, et il vous a donné de choisir la vie ou la mort ; et vous pouvez faire le bien et être rendus à ce qui est bien ou faire en sorte que ce qui est bien vous soit rendu ; ou vous pouvez faire le mal, et faire en sorte que ce qui est mal vous soit rendu" (Hélaman 14:30-31 ).
C'est une des nombreuses descriptions de la loi de restitution dans le livre de Mormon. Lorsque nous choisissions de générer de l'énergie positive autour de nous, ce que nous avons le pouvoir et la liberté de faire, l'esprit du Seigneur est attiré vers cette énergie positive, se connecte avec elle, et magnifie son pouvoir et son influence pour le bien. Ainsi nous apprenons à travailler comme le Sauveur travaille et nous devenons comme il est, même lorsque nous progressons dans cette vie.
Ce pouvoir divin de l'esprit d'unité cherche à opérer des miracles en nous aidant à nous fortifier dans des relations bonnes et édifiantes, ainsi les relations pauvres deviennent meilleures et les bonnes relations deviennent éternelles. Mais, nous avons apparemment besoin de comprendre certains principes de base. Nous avons peut-être des idées fausses à propos de comment être heureux ou comment établir des relations d'unité avec autrui. Nous pourrions penser que ces relations doivent être en harmonie avec notre propre conception de l'idéal. Nous pourrions penser que les gens doivent ressentir et penser de la même façon que nous afin d'être heureux avec eux ou que nous devons penser comme eux afin d'avoir l'esprit d'unité entre nous. Nous pensons parfois que beaucoup de gens autour de nous ne chérisse pas les mêmes valeurs que nous ou ne répondent pas à nos espoirs et rêves. Et nous désespérons de ne jamais nous sentir en harmonie avec certaines personnes que Dieu a mises dans notre vie. Mais j'ai appris que toutes les personnes qui sont dans nos vies, y sont pour des raisons importantes. Elles nous sont rarement données pour nous satisfaire !
Il m'a été très important de comprendre que les gens dans la vie ne m'étaient pas donnés pour me satisfaire nécessairement. Au contraire, ils sont mes instructeurs sans le savoir pour la plupart du temps. Nous n'avons pas besoin de relations idéales pour être heureux. Notre mariage n'a pas besoin d'être idéal ni notre façon d'être parent, pour que tout le monde soit heureux dans ces relations. Nous pouvons vivre de façon heureuse dans des relations moins qu'idéales ; apparemment nous le devons, car chaque relation peut être enrichie grâce à l'esprit d'unité qui améliore grandement la qualité de nos vies personnelles et émotionnelles.
Nous avons tous fait l'expérience, ou le faisons actuellement, de relations agitées. Je sais par mon expérience que très souvent des miracles se produisent dans ces relations. J'ai grandit dans ce que le monde psychologique appelle aujourd'hui une famille éclatée. Chaque personne dans cette famille était et est une bonne personne. A ce moment là, ils étaient tous des gens bien mais avec une très petite compréhension de comment être heureux. Dans mon expérience de membre d'une famille éclatée, voici certaines des choses que j'ai apprises à faire sans le réaliser : j'ai appris à essayer de contrôler les autres, j'ai appris à être critique afin de gagner de la confiance dans mon propre pharisaïsme et j'ai appris à demander de la satisfaction dans le comportement d'autrui. Je voulais des réponses certaines de la part des gens et si je ne les obtenais pas, j'étais malheureuse et en colère. J'ai appris à utiliser la colère comme manipulation. J'ai appris à être très autoritaire, à essayer de faire mes preuves dans chaque situation. J'ai appris à créer des problèmes en faisant savoir aux gens, dans différentes manières, qu'ils ne répondaient pas à mes attentes. J'ai appris à utiliser l'irritabilité, les silences glaciaux et les paroles acerbes pas très subtiles afin" d'être quitte."J'ai appris à persuader les autres de faire certaines choses, pour faire d'eux ce que je voulais qu'ils soient, et ces personnes ont fini par se sentir comme mes ennemis.
Le résultat de cette attitude a été que j'ai fait l'expérience de beaucoup de peurs illogiques. J'ai souffert de dépression, de sentiments de culpabilité et d'une vie dénuée de sens. Mais voici à présent un des points principaux que je veux soulever à propos de l'établissement de Sion. Je n'ai pas vu une relation entre ma façon de traiter les autres et mes émotions intérieures. Je pensais que ce qu'ils faisaient me rendait malheureuse ; mais c'était la façon dont je réagissais et ce que je faisais qui me rendait malheureuse. Une grande partie de la souffrance émotionnelle que nous éprouvons ne proviens pas de l'amour que nous n'avons pas reçu dans le passé, mais de l'amour que nous ne donnons pas dans le présent. Ce principe pourrait être d'une grande aide aux personnes qui viennent de famille les ayant maltraité, s'ils réalisent que pour aller mieux il faut maintenant apprendre comment aimer.
Néanmoins, la réalité de la vie téleste est que pratiquement chaque jour quelqu'un fera une ou plusieurs des choses suivantes : nous diminuera, sera insensible à nos besoins, nous sera indifférent, nous fera manquer de confiance, nous humiliera, nous effraiera, nous maltraitera, nous incommodera, demandera beaucoup de nous, nous critiquera, nous décevra, nous mentira, nous blessera, nous trahira, essaiera de nous séduire, nous comprendra de travers, nous rejettera, nous menacera, ou nous attaquera verbalement ou physiquement. Mais comment apprendrons-nous donc l'amour chrétien à moins que nous ayons l'occasion de mettre en pratique leurs opposés ! Chaque relation déroutante que ce soit dans nos propres foyers ou à l'extérieur sur la place du marché est une opportunité de forger la nature divine qui est en nous et de nous préparer pour ce jour de bonheur sans fin.
Je suis tellement reconnaissante que le Seigneur ait mis des exemples de familles. Néphi, par exemple, a été maltraité verbalement et physiquement par ses frères qui auraient du le protéger et le nourrir. Nous voyons ce paradoxe dans notre société - et beaucoup trop dans l'église. Combien pertinente est l'expérience de Néphi pour beaucoup de nous. A de nombreuses reprises, Néphi a été capable de "pardonner franchement"les mauvais traitements infligés par ses frères (Néphi 7:21) mais dès 2 Néphi 4, il doit faire face aux effets débilitants du comportement de ses frères à son égard. Il est en colère, mais il intériorise cette colère et devient profondément déprimé. ( La colère intériorisée est source commune de dépression)Néphi est tellement déprimé qu'il s'exclame : "O misérable homme que je suis !" (2Néphi 4:17). Ce sont les sortes de choses que l'on dit quand on est dans un état de dépression, et quand vous êtes très en colère avec quelqu'un et quand vous n'avez plus beaucoup d'estime de vous-même. Il semble que bien que sa colère soit justifiée à cent pour cent, pour son propre bien être spirituel, Néphi doit laisser tomber et guérir ses sentiments de colère d'une façon ou d'une autre. Il se tourne donc vers le Seigneur. A un point crucial dans son "psaume", Néphi déclare :
"Pourquoi mon coeur pleurerait-il et mon âme languirait-elle dans la vallée de larmes, et ma chair dépérirait-elle, et mes forces faibliraient-elles à cause de mes afflictions ? Et pourquoi céderais-je au péché à cause de ma chair ? ... Pourquoi suis-je en colère à cause de mon ennemi ? Eveille-toi, mon âme ! Ne languis plus dans le péché. Réjouis-toi, ô mon coeur, et n'accorde plus de place à l'ennemi de mon âme. Ne t'irrites plus..... N'affaiblis plus mes forces à cause de mes afflictions. Réjouis-toi ô mon coeur et invoque le Seigneur... (Puis demande ensuite au Seigneur ) Veux-tu me rendre tel que je tremble à la vue du péché ?" (2 Néphi 4 : 26-31).
Néphi enseigne ici un principe puissant : nous ne sommes pas jugés pour ce que les autres nous font ; nous sommes jugés par notre façon de réagir à ce qu'ils nous font, basé sur ce que nous comprenons sur le moment. Notre bonheur est fondé sur ce que nous faisons, pas tellement sur ce qui nous est fait. Nous ne parlons pas ici de soumission à de mauvais traitements sérieux : le très sérieux mauvais traitement physique et verbal qui a lieu dans certaines familles. Ces choses demandent le pardon, la compréhension et la compassion ; mais bien souvent il est très important pour la personne de se retirer de la situation afin de survivre.
Pardonner autrui, agir de façon gentille à leur égard ne signifie pas nécessairement les laisser nous maltraiter`. Parfois les relations doivent être rompues afin d'empêcher qu'une personne soit détruite. Dans le cas de Néphi, en fait, le Seigneur l'a retiré de la présence de Laman et Lémuel. Dès 2 Néphi 5, il lui est demandé de rassembler ses affaires et de partir trouver un autre endroit pour vivre avec sa famille.
Néphi servait le Seigneur, nous enseignant que la révélation est absolument indispensable dans le travail relationnel. Quand nous nous trouvons dans des relations difficiles, nous avons besoin de nous rapprocher très fortement du Seigneur et de le consulter de la meilleure façon qu'il soit. Alma 37:37 nous exhorte "Consulte le Seigneur dans toutes tes actions" - même si nous pensons que nous ne nous qualifions pas spirituellement pour le faire, ce qui se produit souvent quand nous sommes dans des circonstances émotionnelles agitées ou dans des relations délicates. Le Livre de mormon nous enseigne continuellement que même si nous nous sentons spirituellement inadéquats, si nous allons au Christ en toute humilité, Il peut prendre même nos pires problèmes, même ceux que nous avons créés nous-mêmes, et arranger les choses à notre avantage, pour notre guérison et bénédiction. Alma a enseigné ce principe sacré à son fils Shiblon : "Et maintenant, mon fils Shiblon, je voudrais que tu te souviennes que dans la mesure où tu placeras ta confiance en Dieu, dans cette même mesure tu seras délivré de tes épreuves, et de tes difficultés, et de tes afflictions, et tu seras exalté au dernier jour" (Alma 38:5). Nous faisons confiance à Dieu dans une certaine mesure et dans cette même mesure, il nous délivrera. Plus notre confiance est grande, plus la délivrance sera complète, peu importance la forme que cette délivrance doit avoir.
J'aimerai partager une idée supplémentaire à ce propos. Jusqu'à ce que le Seigneur le révèle, nous ne savons pas ou ne nous souvenons pas de ce que nous avons fait alliance de faire dans l'existence prémortelle en ce qui concerne une relation particulière, dans ce cas. Il est clair que dans l'existence prémortelle, beaucoup d'entre nous ont eu des relations avec d'autres, que le Seigneur, grâce à sa puissance a reconstituées ici sur terre. Nous ne nous souvenons pas de quelle nature était ces relations dans l'existence prémortelle. Beaucoup de vos bénédictions patriarcales peuvent mentionner que vous étiez né dans une famille que vous avez choisie du fait des relations développées dans l'existence prémortelle. Il l'a été dit à certains de mes enfants dans leur bénédiction. Peut-être que dans l'existence prémortelle, nous avons fait alliance de faire certains sacrifices afin d'être avec certaines personnes dans ce monde ; personnes avec qui il ne serait pas facile d'être, afin qu'en essayant de surmonter nos problèmes avec eux, nous puissions apprendre les choses dont nous avions le plus besoin d'apprendre dans cette expérience mortelle.
Dans certaines situations, le Seigneur nous retirera d'une relation ou nous conseillera de le faire ; mais bien souvent il fera une petite série de miracles dans la relation, afin que l'esprit d'unité puisse croître en nous et avec nous, comme c'est le cas dans les cieux. Il essaie de nous enseigner à vivre dans une société céleste et de maîtriser les principes qui gouvernent une telle société. Par conséquent, il semble qu'en général il veuille que nous améliorions une relation plutôt que de la rompre. Mais chaque expérience a ses leçons, et si nous lui faisons confiance et si nous lui sommes fidèles, il aidera tous ceux qui le désir à s'en sortir, le plus sage pour être passé par l'expérience. J'aimerais parler du mot anglais "At-one-ment" (c'est à dire unité) puisque nous l'avons utilisé à de nombreuses reprises. Le mot "At-one-ment" (comme vous le savez peut-être déjà) a fait son apparition dans la langue anglaise aux quinze et seizième siècles quand les premiers traducteurs, William Tyndale et Wycliffe, ont traduit les écritures anciennes en anglais. Quand ils sont arrivés au mot réconcilier ou à d'autres mots similaires, ils ont créé un nouveau mot. Au lieu d'utiliser le mot réconcilier, ce qu'ils ont fait dans certains cas, ils ont utilisé le mot "at-one"(c'est à dire "un") plus quelque chose afin d'amener les choses aliénées et séparées à un état d'unité (at-one-ment) pour qu'en les mélangeant ensemble et elles soient réconciliées l'une avec l'autre. Le terme réconciliation n'a ni une racine grecque, ni une racine latine et il signifie vraiment ramener toutes choses dans un esprit d'unité, afin qu'elles se coordonnent et soient réconciliées. Christ a institué la grande Unité dans le but de ramener toute créature déchue, perdue, égarée, spirituellement morte, et misérable à la relation éternelle et harmonieuse qu'elle a connue dans la vie prémortelle.
Les écritures parlent à maintes reprises de nous rétablir dans cette relation harmonieuse avec Dieu, relation qui, avant que nous venions ici-bas, existait à la fois entre chacun d'entre nous et entre nous et Dieu.
Le terme unité (un-) en Hébreux signifie Kaphar, comme dans Yom Kippur, ou Fête du Grand Pardon. Kaphar qui signifie "pardonner," "couvrir," ou "avoir une étreinte" est semblable à notre mot caftan, un long vêtement qui arrive à la cheville et qui recouvre bien le corps et le moule. L'image qui correspond à l'expiation représente celle d'un être enserré ou encerclé par quelqu'un ou par quelque chose. Par exemple, Mormon parle d'être enserré dans les bras du Seigneur. Dans 2 Néphi 1:15 Léhi déclare, "Le Seigneur a racheté mon âme de l'enfer ; j'ai vu sa gloire, et je suis enserré éternellement dans les bras de son amour." De plus, dans Alma 5:33 nous lisons, "Voici, il envoie une invitation à tous les hommes, car les bras de la miséricorde sont étendus vers eux, et il dit : Repentez-vous, et je vous recevrai."
L'idée d'être enserré est liée à l'idée de l'expiation et devrait peut-être nous mener à penser au temple. L'unité est sans aucun doute un autre terme pour scellement. Il n'y aura pas d'étreinte finale avec le Seigneur sans l'obéissance aux ordonnances du temple à savoir le scellement, la dotation, et le mariage au temple. Je pense que le mariage en lui-même est un excellent exemple d'unité. Adam a dit : "Celle-ci, je le sais maintenant, est os de mes os, et chair de ma chair ! On l'appellera femme parce qu'elle a été prise de l'homme. C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair" Moise3:23-24. "S'attacher" et "un" sont l'unité. Le Saint des Saints dans le temple s'appelle en Hébreux le bet-ha-kapporet, la maison ou la salle de l'étreinte(ou unité), l'endroit ou la présence de Dieu se fait ressentir.
Le concept d'unité qui signifie ramener à la vie ce qui est mort, et réunir ce qui est perdu, et égaré est présent tout au long des écritures. Vous l'avez sans doute déjà remarqué, mais vous le remarquerez encore plus maintenant. Par exemple, le Sauveur a dit : "Après avoir été élevé sur la croix, j'attirerai tous les hommes à moi" (Jean 12:32 et 3 Néphi 27:14-15). Comme je l'ai déjà dit, ce terme signifie ramener les êtres perdus, misérables, et déchus en harmonie et en accord les uns avec les autres et avec le Seigneur Jésus-Christ.
Il semble que le Seigneur veuille que nous comprenions que nous pouvons jouir de cette unité dès maintenant. Dans 3 Néphi 13:10, Il nous dit que toutes choses doivent être faites sur terre comme elles le sont dans le ciel afin que ce qui est mortelle puisse être rendue céleste. Ceux qui n'essaient pas d'être célestes resteront télestes, ou terrestres et ne pourront pas devenir célestes. Cette unité, est l'état dans lequel les êtres célestes vivent. Si nous voulons vivre parmi eux, nous devons dès maintenant nous efforcer de vivre moralement et spirituellement comme ils vivent, car c'est ainsi qu'ils nous enseignent de vivre. Amulek nous a dit que"Cette vie" est le moment où les hommes doivent se préparer à rencontrer Dieu(Alma 34:32). Nous devons donc réfléchir comment vivre dans cet état d'unité de façon à en bénéficier pendant notre vie terrestre.
Dans Doctrine et Alliances 27:13, le Seigneur nous dit : "J'ai remis les clefs de mon royaume et une dispensation de l'Evangile pour les derniers temps et pour la plénitude des temps, au cours de laquelle je rassemblerai toutes choses en une, tant celles qui sont dans le ciel que celles qui sont sur la terre." (Toutes choses semblent avant tout indiquer des personnes.)Dans notre dispensation, le Seigneur a dit "Mais voici, il n'a pas appris à obéir aux choses que j'ai exigées de sa part, ยท ne donne pas, comme il convient à des saints, de ses biens aux pauvres et aux affligés en son sein, et n'est pas uni, selon l'union exigée par la loi du royaume céleste. Et Sion ne peut être édifiée que sur les principes de la loi du royaume céleste" (D&A 105:3-5).
Si vous y réfléchissez, vous constaterez que l'unité se produit à plusieurs niveaux dans l'Eglise. Nos missionnaires vont rassembler ceux qui sont égarés et perdus afin de les ramener à l'unité, dans les communautés de Sion ; nous faisons la même chose avec les programmes de soeurs visiteuses et ceux d'enseignement au foyer. Nous allons au temple et nous scellons nos familles avec les chaînes d'unité. Les hommes et les femmes viennent au temple et sont unis ou scellés par le pouvoir du Seigneur Jésus-Christ.
Pour parler d'unité, les Ecritures utilisent d'autres termes comme union, en un, unité, uni, ordre, ordre uni, rassemblement, égal, fidélité, scellé, soudé, lié, et embrassé. Même le terme résurrection est un mot d'unité puisqu'il signifie ramener le corps et l'esprit dans un état d'unité permanente. La dotation du temple est tout simplement un scellement progressif à notre Seigneur jusqu'à ce que nous soyons enserrés dans les bras de Jésus. En fait, au temple, l'efficacité de la prière spéciale est facilitée par des sentiments d'amour. Donc nous voyons que l'oeuvre d'unité est à la fois temporelle, émotionnelle, et spirituelle ; plus nous nous y engagerons, plus nous y établirons l'Esprit de Sion.
Au fur et à mesure que nous grandissons spirituellement, notre impression de la vie est influencée à la fois par la façon dont nous agissons envers les autres et ce que nous ressentons pour eux. Ce qui veut dire que nous récoltons ce que nous semons. Alma 41:15, l'une des meilleures citations à propos de la Loi de Restitution dit ceci : "Car ce que tu envoies au dehors reviendra vers toi et sera rendu..." Cette écriture nous enseigne que si nous n'aimons pas ce que nous tirons d'une relation intime, nous devons vérifier ce que nous y apportons.
Nous devons aussi réaliser que nos pensées et nos sentiments contiennent leur propre énergie ; cette énergie nous quitte et se décharge dans les gens et les choses les affectant d'une manière ou d'une autre ; toutefois, la personne qu'elle affecte le plus est la personne qui l'a initiée. Nos pensées sont probablement une forme rudimentaire du pouvoir de création que vous et moi auront dans l'au-delà. Plus nous sommes en mesure de contrôler et de discipliner nos pensées maintenant (comme nous le demande les Ecritures), plus grand sera le pouvoir dont nous disposerons pour créer les choses que nous désirons autour de nous.
Ce qui nous arrive pénètre notre corps sous forme d'énergie et se propage par l'intermédiaire de notre système d'énergie, en contre partie, ce que nous renvoyons en réponse semble avoir un plus grand effet sur nous. Par exemple, quand quelqu'un vous fait du tort, vous ressentez cette vague négative se déployer dans votre corps et vous devez décider de votre réaction.Etes-vous conscient de ce moment de décision ? Vous avez le pouvoir de soit neutraliser cette attaque en répondant avec amour, soit de laisser cette énergie négative envenimer la situation.
Mon bonheur, ainsi qu'avoir la compagnie de l'Esprit du Seigneur dépendent de la décision que je fais parmi les nombreux choix que j'ai. Le Seigneur a affirmé dans D&A 64:8-10 : "Dans les temps anciens, mes disciples cherchaient à s'accuser les uns les autres et ne se pardonnaient pas les uns aux autres dans leur Coeur ; et pour ce mal, ils furent affliges et sévèrement châtiés. C'est pourquoi je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur, car c'est en lui que reste le plus grand péché. Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes."
Ce pardon diminue réellement la responsabilité que nous avons. Nous n'avons pas le droit de juger les autres ou de nous venger pour ce qu'ils nous ont fait ou de leur donner une leçon. Le Seigneur ne nous a pas donné cette autorité. Il nous a demandé de pardonner et de montrer de l'amour en retour dans la mesure que la situation nous le permet.
Le Seigneur ne veut pas dire que nous ne devons pas intenter une action en justice quand c'est nécessaire. Tout individu qui par son comportement met en danger son appartenance à l'Eglise ou qui enfreint une loi du pays, devra être jugé pour son propre bien et pour le bien des autres autour de lui.
Donner de l'amour là où il n'est pas mérité est une des définitions que l'on trouve dans les Ecritures de l'expression grâce sur grâce qui est mentionnée sans cesse bien qu'elle ne soit jamais expliquée complètement dans les écritures (autant que je sache). C'est une clé importante pour vivre l'Esprit d'Unité.
Dans Hélaman 12:24 Mormon écrit : "Et puisse Dieu accorder, dans sa grande plénitude, que les hommes soient amenés au repentir et aux bonnes oeuvres, afin qu'il leur soit rendu grâce pour grâce, selon leurs oeuvres."
De même que nous lisons dans D&A 93:12-13, 20 : "Et moi, Jean, je vis qu'il ne recevait pas la plénitude des l'abord, mais qu'il reçut grâce sur grâce ; et il ne reçut pas la plénitude des l'abord, mais continua de grâce en grâce, jusqu'a ce qu'il reçut une plénitude... Car si vous gardez mes commandements, vous recevrez sa plénitude et serez glorifies en moi, comme je le suis dans le Père ; c'est pourquoi, je vous le dis, vous recevrez grâce sur grâce."
Ce qui signifie, que le Père donna à Jésus la grâce (c'est à dire pouvoir divin et bénédictions) selon la grâce que Jésus donnait aux autres ; le Christ nous donne la grâce selon la grâce que nous donnons aux autres. Donc, si nous voulons apprendre à être comme le Christ, nous devons apprendre à faire ce qu'Il fait. Il nous donne la grâce dans sa totalité bien que la plupart du temps nous ne la méritions pas. Cependant, comme elles sont précieuses toutes les opportunités que nous avons de donner de la gentillesse et des bénédictions non méritées à ceux qui nous entourent, ainsi nous comprenons mieux l'esprit et la nature du Seigneur Jésus-Christ. Nous pouvons voir comment la loi de restitution est réellement une forme de cette loi de grâce sur grâce. Nous donnons la grâce et la grâce nous est rendue sous forme de sentiments d'intégralité, de santé, et d'abondance, qui nous permettent de développer nos natures divines. Par exemple, Terry Warner a déclaré : "Que se passerait-il si vous décidiez d'annuler les charges que vous avez contre ceux qui vous entourent, si pour leur bien-être vous sacrifiez de bon coeur tout désir de vous réjouir de leur malheur, de tout châtiment, de toute demande de remboursement, de toute vengeance sans regret ou sans arrière-pensée ? L'attitude qui nous permet de vivre en harmonie et en pardonnant autrui, est une bonne action envers nous-mêmes.
Quels effets se produisent sur moi quand je produis une énergie positive ? A mes yeux il est clair que le Livre de Mormon décrit de nombreux principes spirituels et de nombreuses lois, et que nous sommes soit victimes de ces lois, ou nous pouvons faire en sorte que ces lois s'appliquent à nous. Plus nous identifions ces principes et ces lois, plus elles s'appliquent à nous et plus nous accomplissons les buts pour lesquels nous sommes venus sur terre ; c'est-à-dire, nous apprenons comment Dieu travaille et comment il le fait. La loi de restitution est l'une de ces lois. Nous avons la capacité de faire en sorte qu'elle s'applique à nous chaque fois que nous ouvrons la bouche, chaque fois que nous pensons ou agissons. Ce que j'aime dans la capacité de produire de l'énergie positive c'est que je peux faire en sorte que la loi de restitution s'applique à moi ; et elle ne peut rien contre moi c'est-à-dire si j'étais capable d'être parfaite. Heureusement, la loi de la repentance fait en sorte que je peux annuler ces choses que je ne suis pas capable de faire parfaitement.
La deuxième chose que j'ai remarqué lorsque j'exerce cette énergie positive c'est que cela me donne confiance dans le Seigneur quand je prie parce que j'ai l'impression de ressentir que le Seigneur me donne la grâce pour la grâce que j'ai donnée. Je peux prier avec davantage de foi quand j'essaie activement de produire de l'énergie positive avec mon entourage.
La troisième chose que j'ai identifié : au lieu de me faire sentir que je suis victime de ce que me font les gens ou victime de mon environnement, exercer l'énergie positive me donne un sentiment de contrôle justifié sur mon environnement. C'est-à-dire que je peux utiliser mon amour, ma foi, et le don du Saint-Esprit qui me sont donnés par l'autorité de la prêtrise afin que je puisse choisir, qui je veux être, ce que je veux être, comment je veux agir, et donc avoir une influence positive sur ceux qui m'entourent. Joseph Smith a dit des choses merveilleuses à ce propos, il a dit que c'est "par l'union des sentiments que nous obtenons du pouvoir avec Dieu." Chaque mari et femme connaît ce sentiment, chaque compagnon missionnaire l'éprouve aussi. Quand nous mettons en commun cette énergie positive et que nous oublions nous-mêmes, nous sommes davantage enclins à nous coordonner les uns avec les autres pour atteindre des buts plus élevés, nous réalisons que nous utilisons le pouvoir de Dieu.
Le prophète Joseph Smith a également affirmé "qu'il n'existe rien de plus effectif que de prendre quelqu'un qui a péché par la main et de veiller sur cette personne avec tendresse. Quand quelqu'un fait preuve de la plus petite gentillesse ou même du moindre amour à mon égard, oh quel effet cela a sur mon esprit, alors que le cas contraire a tendance à attiser les sentiments difficiles et à déprimer l'esprit humain. C'est la doctrine du malin de retarder notre développement intellectuel ainsi que notre progression en nous faisant croire que nous avons raison et pas les autres. Plus nous nous rapprochons de notre Père Céleste, plus nous sommes disposés à considérer avec compassion les âmes qui périssent, à les porter sur nos épaules, et à rejeter leurs péchés derrière nous. Si nous voulons que Dieu fasse preuve de miséricorde envers nous, nous devons en avoir aussi pour les autres."
Dans chaque relation avec un autre individu, je peux utiliser l'esprit d'unité, en écoutant cette personne avec empathie, en l'encourageant, en recherchant l'Esprit du Seigneur et en invoquant ce même esprit pour moi-même. Je peux influencer l'environnement dans lequel je vis.
Je voudrais brièvement parler d'un principe supplémentaire, c'est le concept d'indépendance divine. C'est à dire, certaines personnes sont dans des relations familiales liées à l'angoisse et non pas à l'amour, parce qu'ils ne savent pas où est leur responsabilité. De telles personnes ne réalisent pas qu'elles ne sont pas responsables pour ce que les autres font - que ce soit leurs épouses, leurs enfants ou quelqu'un d'autre. S'ils font ce qui est juste, le Seigneur ne les tiendra pas responsable pour ce que les autres font. Donc, pourquoi se tiendraient-ils eux-mêmes responsables ?
C'est une véritable bénédiction de pouvoir se détacher de quelqu'un dont le comportement nous déplaît ou qui nous effraie, et de ne pas se sentir responsable pour cela. Nous allons parfois dans la mauvaise direction parce que nous nous sentons responsables pour autrui, mais nous ne le sommes pas. Celui qui veut réussir l'unité, doit dans ce cas apprendre premièrement à se détacher des autres. Ce détachement produit une sérénité intérieure qui est basée sur la compréhension de cette vérité : Je ne suis pas responsable pour ce qu'un autre être humain décide de faire. Peu importe le nombre d'erreurs que j'ai pu faire avec cette personne. Dieu me tient responsable pour ce que je fais, non pas pour ce que font mon mari, mes enfants, ou mon voisin. Je suis libérée par cette vérité ; je me tiens indépendant dans cette sphère dans laquelle j'ai été créée pour agir et non pour subir.
En conclusion, si nous savions avec certitude que le Seigneur nous enverrait son esprit dès que nous produisions des sentiments positifs sous forme de pensées, paroles, ou actions, pourquoi choisirions-nous de produire quelque chose d'autre ? Je me demande est-ce-que cela voudrait dire que pendant nos heures de réveil, nous produisons soit de l'énergie négative ou positive ? Je ne sais pas s'il y a quelque chose entre. Dieu utilise les sentiments positifs que nous avons la liberté de produire et de multiplier. Sa présence et son esprit sont attirés par l'énergie positive et repoussée par l'énergie négative que nous produisons. Mais encore, nous avons une responsabilité personnelle et Dieu ne peut pas l'exercer pour nous, nous devons l'exercer pour nous-mêmes. Et il déclare dans D&A 108:7 "Fortifie donc ton frère dans toutes tes conversations, dans toutes tes prières, dans toutes tes exhortations, et dans toutes tes actions."
Après avoir partagé une partie de ma présentation avec un groupe, un jour, une femme est venue me voir et m'a dit "il y a quelque chose qui manque à votre présentation et si vous allez continuer à présenter ces choses à d'autres personnes vous devez rajouter cette idée supplémentaire." Elle a continué en me disant qu'elle connaît une femme qui est environnée d'une sérénité exceptionnelle. Plusieurs personnes ont demandé à cette femme "comment est-il possible que vous soyez toujours aussi sereine ?" Elle a dit que cela remonte à une expérience qu'elle a eue lorsqu'elle avait 16 ans et vivait dans une famille très perturbée, une famille dans laquelle il y avait de l'alcoolisme et toutes sortes de mauvais traitements. A 16 ans, elle était prisonnière de ses propres sentiments d'angoisse qui la liaient à sa famille. Elle essayait constamment de rétablir la paix dans sa famille, elle se sentait responsable pour ce que faisait chaque personne et elle se pliait en quatre essayant de manipuler les choses, en ne parlant pas des problèmes ou en mentant, essayant de maintenir la paix superficielle dans la famille. Mais peu importe ce qu'elle faisait tout le monde se retournait toujours contre elle.
Elle tomba très malade (je crois qu'elle avait la scarlatine) et elle a frôlé la mort. Pendant cette expérience, le Sauveur lui a dit qu'elle n'était pas responsable pour ce que sa mère, ou son père, ou ses soeurs, ou ses frères faisaient ; qu'il voulait seulement qu'elle prenne soin d'elle-même, qu'elle fasse attention à ses propres leçons. Elle pourrait aimer et donner à ceux qui l'entourent, mais il lui était demandé de ne pas réagir avec anxiété et désespoir quand les autres ne réagissaient pas comme elle le voulait. Il lui était demandé de les laisser au Seigneur et de s'occuper de vivre sa propre vie selon les principes que le Seigneur lui avait enseignés.
Cette expérience spirituelle était incroyablement libératrice pour elle, bien que le Seigneur veuille que nous ayons de bonnes et édifiantes relations avec les autres, il y a une partie intérieure de nous qui doit rester indépendante de ce que les autres choisissent de faire ; autrement nous nous inquiétons trop des choses que nous n'avons pas le pouvoir de changer et qui nous éloignent du Seigneur et limitent les bénédictions dans notre vie.
Chaque parent connaît le chagrin apporté par un enfant qui ne fait peut-être pas ce que veulent ses parents, pour finir pour que le chagrin ne nous tyrannise pas et ne nous éloigne pas de l'Esprit du Seigneur, après avoir fait ce que nous pouvons, nous devons laisser cet enfant partir et laisser le Seigneur être le sauveur pour cet enfant, ce qu'il nous a promis de faire.
Quand nous montrons de la patience, de l'amour, et de la paix dans nos relations avec autrui sans résister mais se soutenant et se pardonnant mutuellement, adressant des paroles qui invitent l'esprit, recherchant dans chaque personne que nous connaissons le positif peu importe leurs faiblesses, nous vivons dans l'esprit d'unité. Plus nous encourageons ce qui est doux, tendre, et précieux dans une relation, plus nous vivons dans l'Unité. Plus nous laissons tomber notre orgueil et les vieilles listes de reproches et de douleur, plus nous encourageons la guérison et plus notre relation guérit. Nous devons exercer l'unité afin de savoir comment agir au cas ou nous parvenons au ciel.
Je dis ces choses au Nom de Jésus-Christ. Amen
Notes
1- Voir Hugh W. Nibley, Approcher Sion ( Salt Lake City, Deseret Book et FARMS,1989) p556-62,566-8 pour une discussion plus complète sur la signification d'unité (At-one-ment)
2- Joseph Smith Jr, Histoire de l'église de Jésus -Christ des Saints des derniers jours ( Salt Lake City, Deseret Book, 1978) 5:28
3-Ibid
4-Ibid, 24